Cape Breton, Nova Scotia…une experience inoubliable…29 et 30 août 2013

Cape Breton, Nova Scotia…une experience inoubliable…29 et 30 août 2013

1 septembre 2013 0 Par Denis

Destination Cape North tout au bout de l’île

Après consultations de sites internet, de brochures, et de conseils avisés au cours de notre voyage, il était devenu absolument nécessaire et indispensable de nous rendre sur l’île du Cap Breton.(Cliquez ici pour voir l’itinéraire de la journée) Celle ci fait partie de Nova Scotia mais n’est rattachée à sa grande soeur continentale que par le Canso Causeway
. 10 millions de tonnes de roches et de pierres ont été nécessaires pour bâtir cette digue ou chaussée, posée sur l’eau, et qui permet de faire passer les voitures  d’une rive à l’autre, mais qui ne permet pas aux bateaux de passer de l’autre coté).

Arrivée à Cape Breton après le Canso Causeway

Arrivée à Cape Breton après le Canso Causeway

Cape Breton, sauvage, spectaculaire et une météo catastrophique

Départ de Pictou sous des nuages plutôt menaçants. La journée ne s’annonce pas extraordinaire en terme de météo. Nous allons monter encore plus au nord et les prévisions ne sont pas encourageantes, beaucoup de pluie et une visibilité plutôt faible, dommage pour les paysages. Cela ne suffit pas bien entendu à endiguer notre enthousiasme et c’est donc Cape North, sur la Cabot trail, tout au nord de l’île qui sera notre destination du jour. L’île du Cap Breton (Cape Breton island), du temps des colons français s’appelait au XVIIème siècle l’Île Royale avant que bien sur, les anglais plus tard nous la récupèrent. Dès le passage du causeway, arrêt obligatoire au Visitor’s centre de Port Hastings pour récupérer infos et cartes, et nous voilà parés pour découvrir Cape Breton. Au programme, des trails (des sentiers), des points de vue, des animaux (élans, baleines etc…), des scenics routes incroyables, pour finir à l’Oakwood Manor B&B, propriété des MacEvoy depuis 4 ou 5 générations et originaires d’Irlande. Les noms des trails sont insolites, « Bras d’Or Lakes », « Cabot trail » etc…

on en a vu un...un caribou

on en a vu un…un caribou

Le temps est épouvantable, un vrai temps de…breton (pardon aux bretons qui me liront mais le jeu de mot était trop facile!!). La mer est magnifique mais déchainée et sombre, les vagues impressionnantes, et pour rien au monde on ne monterait à ce moment là sur le moindre bateau. On reste fasciné et comme hypnotisé par autant de puissance, on se sent tout petit et faible.La côte parcourue n’en est que plus belle, sauvage, impressionnante. Souvent nous avons tendance à nous imaginer au bout du monde et c’est la plupart du temps notre objectif . Sur cette île,  le summum en matière d’isolement et de dépaysement est atteint, c’en est presque inquiétant par moments mais terriblement beau.

sauvage...

sauvage…

Le phare de Neils Harbour, au milieu des vagues déchainées

On en vient à se demander comment les gens qui habitent ces petits bouts du monde arrivent à survivre dans cet univers de solitude absolue. Il faut y être né ou rechercher ce mode de vie extrême. Notre désir est de parcourir absolument la route côtière même si elle est plus longue et plus difficile, plus sinueuse. La route est magnifique malgré la météo difficile. La solitude est quasi permanente, on ne croise aucune voiture ni dans un sens, ni dans l’autre pendant de longs instants. Avant d’arriver à destination, un dernier arrêt au phare de Neils Harbour enrichit notre collection, lui aussi se trouve dans un décor et une ambiance apocalyptique; beaucoup de vent, des vagues déchainées à quelques mètres seulement, dans ce petit village de quelques maisons de couleurs et quelques bateaux de pêche qui flottent encore on ne sait comment.

le phare de Neils Harbour

le phare de Neils Harbour

Un B&B au milieu de nulle part

L’arrivée au B&B est conforme à  nos attentes, exit la route « principale » pour rejoindre une route secondaire, puis un chemin non pavé, pour finir dans un domaine de 80 hectares. Les premiers bâtiments sont des fermes qui font partie du domaine autrefois exploité par le propriétaire et ses « ancêtres » venus du comté de Kilkanny en Irlande. La maison est superbe, ancienne, typique et l’accueil est simple mais chaleureux. Les gens de la région ne sont pas expansifs, plutôt discrets et très sympathiques. Après une rapide installation et après avoir dégusté quelques spécialités locales chez Angie’s ( le seul resto du coin) à base de homards et patates, nous rentrons (sous la pluie) nous reposer avant d’affronter le lendemain une autre grande journée et notamment un voyage en ferry de 7 heures à destination de Terre-neuve (Newfoundland). L’ impatience est intense avant de nous rendre dans cette province encore plus méconnue et isolée.

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Le paysage de la côte ouest absolument magnifique 

Lever ce matin du 30 août comme la veille au soir, au son  d’ une pluie battante. Cela augure moyennement de la journée qui devait dans un premier temps être consacrée à l’observation des baleines à Pleasant Bay, de l’autre coté de l’île au nord. Nous apprendrons au cours du petit déjeuner partagé avec un couple d’américains retraités et un couple de jeunes canadiens, que la sortie en mer consacrée aux cétacés est annulée, en raison des mauvaises conditions en mer.  Un peu déçus mais pas abattus,  il restera encore une possibilité de « Whale watching » à Terre-Neuve. En attendant de rejoindre North-Sydney, lieu de départ de notre ferry, nous décidons de longer la côte Nord-ouest et malgré la météo toujours un peu contrariante, les occasions d’admirer le paysage côtier de cette île ô combien sauvage et mystérieuse sont toujours aussi nombreuses.

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On débarque en Acadie

Plus au sud, une fois arrivés à Chéticamp, voila enfin la tant attendue partie acadienne de l’île. Au passage, une petite incursion sur l’île du même nom, qui donne sur le Saint-Laurent, nous permet d’ aller dénicher notre phare quotidien. On en profite ensuite pour déguster dans un restaurant typiquement acadien, du « chiard à chafraille » (une sorte de ragout) et des crêpes à la rapureexcellent, n’hésitez pas à venir déguster ces spécialités locales. Et en supplément, en français-acadien dans le texte avec les serveuses…faut tendre l’oreille mais c’est super sympa. C’était la première fois qu’on reparlait français depuis notre arrivée au Canada, ça nous a fait super plaisir. On adore quand les peuples se battent pour conserver leurs traditions et leur culture, c’est totalement le cas des acadiens.

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On prend notre place dans la file d’attente du ferry pour le Newfoundland

La suite du parcours s’est révélée plus difficile, les routes souvent à la limite du carrossable, des traversées de patelins sans noms (??), et la découverte aussi malheureusement d’une certaine misère lors du passage dans un village Mik’mac (les indiens originaires de l’île), Eskasoni!!! Dans un autre genre de misère, Sydney (pas en Australie bien sur), capitale de l’île, 30000 habitants et pas de centre-ville, que des rues à angle droit, le royaume des franchises de bouffe rapide les uns à coté des autres, sans âme, sans interêt…décevant, du coup nous sommes partis de l’autre coté de la baie, à North-Sydney et avons pris notre place dans la file d’attente des voitures qui allaient prendre le ferry. Beaucoup de voitures déjà et de camions prêts à embarquer. On en a profité pour manger, lire, écrire, se reposer en attendant le « Blue Puttees » qui allait nous emmener vers cette destination ô combien insolite et passionnante, NEWFOUNDLAND.

photos de Cape Breton