De Durban au Cap…magnifique côte Sud-Africaine.

De Durban au Cap…magnifique côte Sud-Africaine.

9 novembre 2016 0 Par Denis

 

Voilà quelques jours déjà que nous sommes arrivés en Afrique du Sud. Après Pretoria, la capitale plutôt ordinaire, nous avons parcouru le lendemain, le fameux Parc Kruger où nous avons vu des animaux incroyables, au moins 4 parmi le big 5 (Buffle, Girafe, Eléphant, Rhino) et plein d’autres. Il nous manque encore le lion que nous aurons l’occasion de voir plus tard aux alentours de Johannesburg (écrit en afrikaans) . Nous avons ensuite traversé le Swaziland, petit pays bien sympa à la frontière du Mozambique et de l’Afrique du Sud avant de rejoindre  Hluhluwe sur la cote sud-est, au bord de l’océan indien.  C’est à partir de là que commence le début de la côte sud, de l’océan indien jusqu’à l’Atlantique et Cape Town, là où les deux océans se séparent.

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Nous sommes arrivés au KwaZulu-Natal, fier de sa culture Zulu, à la fois rude et décontracté, rural et urbain, et qui est censé nous séduire par sa diversité. C’est cela qu’on aime et qu’on est venu chercher en Afrique du Sud. Nous n’aimons rien d’autre que ce mélange de montagnes, de plaines et de savanes. Ajouté à cela, des plages superbes et une faune sauvage dépaysante, nous qui n’étions jamais venus auparavant en Afrique, nous avons été conquis.

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Durban sous la pluie

Nous arrivons à Durban par une journée maussade, même un peu pluvieuse. Heureusement, nous sommes dans une résidence très sympa au bord de l’océan indien, au sud-est du pays. Comme d’habitude, nos hôtes sont super sympas, plein de bons conseils. Comme il est déjà tard, ceux-ci nous proposent d’aller directement à l’aquarium de Durban. Le mauvais temps…inhabituel (il y a 230 jours d’ensoleillement par an normalement à Durban), nous oblige à nous enfermer dans l’uShaka marine world qui comprend un des plus grands aquariums du monde, le plus grand groupe de requins de l’hémisphère de l’hémisphère sud, un bassin réservé aux phoques, un delphinarium et plein d’animaux marins sympas et colorés de toutes sortes. Nous avons passé un superbe moment.

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L’aquarium de Durban

L’Afrique du Sud est vraiment le pays des animaux, pour l’instant ceux que l’on a vus étaient terrestres mais le pays de Mandela est également réputé pour ses requins et ses baleines et à Durban, nous avons été gâtés. Les tortues et autres raies, ainsi que les incroyables poissons de toutes les couleurs font toujours le même effet auprès de nos yeux ébahis. On n’est jamais blasé. Je reste toujours époustouflé devant autant de formes et de couleurs différentes. 

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Comme le temps ne s’améliorait guère, nous n’avons pas pu correctement profiter de la ville. On s’est un peu baladé en voiture à travers le centre-ville qui était malgré tout animé, doté de majestueux édifices coloniaux et d’architecture Art Déco. Un peu comme à Pretoria, une enveloppe plutôt européene et anglo-saxone mais une ambiance plutôt africaine. Le front de mer offre une plage incroyable et semble être le rendez-vous des surfeurs qui, le jour où nous nous trouvions, semblaient s’en donner à coeur joie, tant les vagues étaient sauvages…

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Durban

Petite anecdote à propos de Durban, en 2007-2008, le conseil municipal a pris la décision (controversée) de changer le nom de toutes les rues, afin d’effacer toute trace de l’Apartheid. Celui-ci désirait refléter la nouvelle Afrique du Sud. Les débats continuent de faire rage. La perte de repères familiers et les difficultés d’orientation sont aussi sources de contrariété. Nous avons retrouvé cette volonté de changement dans d’autres villes, notamment à Johannesburg.

Durban, 3ème ville du pays, s’est auto-proclamé la capitale du sport. ses stades et salles, ses terrains de golf et ses plages dorées font de Durban une destination de choix pour tous les amateurs d’activités de plein air. Il ne nous reste plus qu’à revenir à un autre moment…quand la météo sera plus conforme à ce qu’elle est habituellement. Après la chaleur et la sécheresse du Kruger, nous avons découvert, que l’Afrique du Sud, cela pouvait aussi être la pluie, le vent et le froid..et pas forcément là où l’on s’y attendait le plus. Pas de soucis, le beau temps sera bientôt de retour…sur la route du Cap

Départ pour Coffee Bay

Le lendemain matin, départ de Durban sous le soleil…enfin, à destination de Coffee Bay, petit village, perdu au bord de l’océan indien, au bout d’une route de plus de 70 km one-way. Nous commençons par longer la côte jusqu’à Port Shepstone, l’océan est en permanence sur notre gauche, les villes que nous traversons sont toutes identiques, une longue rue et des maisons et des cases perdues au milieu de nulle part. De temps en temps, nous tombons sur un marché qui grouille de toutes sortes de marchands..et de clients. A partir de là, on quitte la côte pour rejoindre la route de Mthatha. Mandela avait sa maison tout près de là, nous passons juste à coté, superbe maison entourée de murs de plusieurs mètres de haut, surplombés de barbelés et de fils de fer électriques .

On attaque les premiers kilomètres qui ne feront pas partie d’une boucle. Lorsque nous arriverons à Coffee Bay, il faudra faire demi-tour..140 km aller-retour d’une route mi-bitumée, mi-pistes et sentiers.

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On découvre les premières habitations, des rondavels, disséminées un peu n’importe ou, au bord de la route et souvent au milieu de nulle part, au milieu des champs. Les toits en chaume sont malheureusement souvent très abimés et on se dit que le potentiel de ces habitations est totalement inexploité, trop de laissez-aller, tout a l’air de s’abimer , de tomber en ruines, c’est trop dommage!! On adorerait aller dormir dans une de ces habitations aux couleurs souvent très sympas.

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Hole in the Wall

On arrive à Coffee Bay en fin d’après-midi, le soleil commence déjà à se rapprocher de l’horizon, il faut absolument aller voir « l’attraction de Coffe Bay », Hole in the Wall, littéralement, le trou dans le mur, qui est une formation rocheuse proche du rivage dans laquelle les vagues ont creusé une cavité aussi large que photogénique. Malheureusement, pour accéder au site, et c’est souvent le cas en Afrique du Sud, les routes sont difficiles, ravinées, pleine d’ornières. Nous mettons beaucoup plus de temps que prévu pour y arriver, d’autant que sur la fin, il faudra finir à pied, laisser la voiture au milieu de nulle part. On part un peu à l’aventure, la plage, les falaises, les rochers sont impressionnants ; c’est désert est sauvage à la fois, on a l’impression d’être seuls au monde, l’océan bouge pas mal, on n’irait pas se baigner, c’est sûr. La nuit tombe bientôt, cela donne une ambiance tout à fait particulière.

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Nous arrivons enfin au niveau de Hole in the Wall, il faut être en face du trou pour le voir correctement. En arrivant, on pensait s’être trompé de lieu, on continue d’avancer. C’est d’autant plus sympa que du coup, il y a du suspens, un peu comme si on arrivait avec un bandeau sur les yeux et qu’on l’enlevait au dernier moment. Personnellement , je ne suis jamais allé à Etretat, je n’en ai vu que quelques photos. Hole in the wall ressemble un peu à notre falaise normande sauf que là, le trou est au milieu d’un immense mur. C’est très impressionnant , des millions d’années d’érosion sont passées par là, les vagues rugissent à travers l’orifice, on cherche l’angle parfait pour notre  appareil photo. Dommage que la lumière baisse, et à toute allure en plus.

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On a perdu beaucoup de temps pour arriver là. Petit conseil qu’on peut donner à ceux qui veulent visiter l’endroit, prévoyez beaucoup de temps pour atteindre le lieu. En septembre, le soleil se couche vite. Hole in the wall et Coffee Bay, sont loin des axes principaux, les routes sont difficiles, surtout sur la fin. Il y a souvent des travaux  qui ralentissent considérablement l’avancée de l’expédition, la limitation de vitesse est principalement de 50 et attention, en AfSud, les policiers sont partout. Bref, on y est arrivé quand même, on mitraille, on cherche l’angle idéal de prise de vue mais comme souvent, on sait que cela restera mieux en vrai. On traine un peu sur le lieu et le soleil finit par passer sous l’horizon. Il faut penser à rentrer au B&B, on appréhende un peu le retour sur les routes ravinées, défoncées et on a raison de s’en inquiéter car le retour sera difficile et épique. On prend même des stoppeurs qui, comme tous les autres, ne cherchent qu’à nous soutirer un peu d’argent en échange de quelques renseignements bidons (comme souvent). Heureusement, l’accueil au Geckos, notre chambre d’hôte, est sympa, il est tard mais ça ne gêne personne. On finit la soirée dans un backpacker local qui fait un peu resto, on se croirait un peu au temps des hippies mais qu’importe, l’ambiance est cooool (on s’en douterait). La nuit sera récupératrice, le lendemain, nous nous dirigerons vers Port Alfred et Plettenberg Bay, toujours plus à l’ouest, toujours la route du Cap.

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Port Alfred

Le lendemain, nous continuons de longer la côte sud , il faut remonter en direction de Mthatha d’abord, Mandela était originaire de cette région et a d’ailleurs fini sa vie tout près de là, dans une maison devant laquelle nous sommes passés. Superbe baraque avec des hauts murs, …comme les blancs!! 200 km plus loin, on passe à East London, petite ville à l’aspect plus européen, on fait une pause casse-croute, essence. L’océan n’est jamais loin mais ici, on ne le verra pas, la cité est un peu trop industrielle, trop importante. Mais il faut continuer la route, nous sommes encore loin de Port Alfred, notre destination du soir. On fait beaucoup d’arrêts malgré tout tant la cote est belle, photogénique. L’océan est dur, souvent sauvage, mais on adore l’admirer, mettre les pieds dans l’eau et regarder le va-et-vient incessant des vagues toujours agitées. Les plages d’Afrique du Sud ne sont pas tellement faites pour la baignade, le farniente mais plutôt pour le surf et la contemplation. 

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Voilà enfin Port Alfred, petite station balnéaire bien sympa. La guest house est superbe, nous sommes seuls. On s’installe et on part faire un petit jogging, tout en regardant les surfeurs et les pêcheurs. La plage est magnifique, il n’y a pratiquement personne. C’est aussi cela l’Afrique du Sud, un pays immense, qui donne l’impression d’être seuls au monde. Un régal. Le soir, sur les conseils de notre hôte, on essaye au restau du coin des spécialités locales , le nandou (une espèce d’autruche) et du koudou (une espèce d’antilope). Sympa, plutôt bon, original pour nos papilles européennes. 

Le lendemain, c’est reparti pour l’ouest. Port Elizabeth d’abord qu’il faut contourner, avant de faire un petit détour par Jeffrey Bay, la Mecque du Surf en Afrique du Sud. Quelques surfeurs amateurs s’essayent au milieu de quelques vagues pas trop méchantes, un peu faibles à notre avis pour des pros mais largement suffisantes pour nous. Et toujours des plages magnifiques mais vides.

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Avant d’arriver à Plettenberg Bay, destination finale de notre journée, on fait encore quelques petits arrêts à Stormriver mouth et Big Tree où la nature est toujours aussi belle et spectaculaire. Entre des arbres géants et des ponts suspendus, nous longeons des plages superbes, toujours aussi désertes et aussi sauvages, sur la fameuse Garden Route, un mélange d’océan, de nature et de faune incroyables.

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Et parfois au détour d’une route, quelle agréable surprise de tomber sur une de ces adorables créatures qu’on a déjà vues ailleurs et que l’on reverra encore, le Daman du Cap, toujours au milieu d’un décor de rêve.

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Plettenberg Bay

A Plettenberg Bay, il reste au moins 500 km jusqu’au Cap et encore beaucoup de merveilles à explorer. La veille au soir, le temps nous manquait pour aller visiter le sanctuaire aux éléphants situé tout près de Plettenberg, aussi décidons nous d’y aller pour commencer la journée. Le petit-déjeuner à emporter est vite avalé et à 8h00 tapantes nous voilà devant le fameux sanctuaire de Crags, prêt à découvrir ce magnifique animal, si fort et si doux à la fois. 

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Promenade avec les éléphants

Nous sommes accueillis par un des soigneurs du sanctuaire qui va passer une heure à patiemment  expliquer tout ce qui touche à ce membre du big five sud-africain. On a ainsi pu nous promener avec 3 éléphants, les nourrir, les caresser, leur toucher la trompe, les pattes, tout leur corps, l’ivoire de leurs défenses, assister à quelques démonstrations de leur formidable intelligence. Une leçon d’anatomie et de comportement animal était également au programme . Cet animal nous a fasciné, nous a bluffé par sa gentillesse et sa douceur à notre égard. Les animaux recueillis dans ce sanctuaire sont destinés à être réintroduits dans la nature, en attendant, nous avons eu la chance de pouvoir les approcher de très, très près et cela restera à jamais un formidable souvenir.

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Mossel Bay

On reprend la route, toujours le long de la côte, on s’arrête à Mossel Bay. Petite bourgade sympa où se trouve le musée Bartolomeu Dias, un des grands navigateurs portugais qui est passé par là au 15ème siècle, avant Vasco de Gama. Petite anecdote, à cette époque, Mossel Bay était le lieu où se trouvaient la boite aux lettres des navigateurs qui, soit allaient aux Indes, soit en revenaient. Les marins déposaient leurs lettres dans des chaussures accrochées à un arbre et les courriers pouvaient ainsi être ramenés à leurs destinataires. Aujourd’hui, une chaussure existe toujours, d’où l’on peut toujours poster du courrier.

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L’océan est toujours aussi tourmenté, parfois on traverse des bidonvilles entre deux villes plus sympas. Les extrêmes se succèdent , parfois du superbe, souvent une certaine misère nous déconcerte au bord de sites touristiques. On se dirige vers le point le plus au sud de l’Afrique, Agulhas, moins connu que le Cap de Bonne Espérance, plus à  l’ouest.

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Sauvage..

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Les restos de bord de mer…

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Agulha, le point le plus au sud d’Afrique

Ca y est, nous sommes à Agulhas, le point le plus au sud de toute l’Afrique, pratiquement seuls. A 18h pile, on peut dire que nous étions les deux personnes les plus au sud de toute l’Afrique. Ca fait tout de même quelque chose, c’est incroyablement impressionant, le symbole est fort. On est restés un bon moment à profiter de l’endroit, qui en plus de la situation géographique exceptionnelle était superbe, le soleil se couchait en même temps ce qui rendait l’endroit encore plus romantique. Bizarre que cet endroit soit aussi peu connu du grand public, il faut vraiment y aller ne serait-ce que pour sa situation exceptionnelle.

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Nous nous rapprochons du Cap, plus que 200 km à parcourir une côte absolument superbe. Hermanus se trouve sur notre parcours..c’est beau et en plus, on peut y voir des baleines depuis la côte. Nous avons eu la chance d’en voir quelques unes qui en plus s’amusaient à sauter hors de l’eau. Spectacle magique que même en Islande, nous n’avions pas eu la chance de voir.

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Plus on se rapproche du Cap et plus la côte est belle, on commence à apercevoir de loin les premières montagnes autour de la capitale du Cap Occidental.

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Le Cap de Bonne Espérance

Pendant au moins 50 km, la côte s’offre à nos yeux ébahis, mais il fallait absolument aller explorer un mythe de la marine et des découvreurs , le Cap de Bonne Espérance. Il faut d’abord, comme c’est souvent le cas en Afrique du Sud, rentrer dans un Parc National, protégé. Le suspense est à son comble, on se demande à quoi ressemble ce fameux Cap qui a tant été redouté par les marins du monde entier. Bartolomeo Dias et Vasco de Gama, les explorateurs portugais, au 15 ème siècle , déjà, tentaient de le contourner sans sombrer. Comme souvent, le mythe est plus impressionnant que la réalité. La petite péninsule qui se détache de la côte nous hypnose complètement. C’est le symbole qui  impressionne, qui fascine plus que la morphologie du Cap qui parait presque minuscule. En plus de cette légende maritime, nous explorons également Cape Point situé à quelques encablures de là, avec son phare, le plus puissant de toute l’Afrique du Sud .

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Le Cap de Bonne Espérance

Avant d’arriver au Cap, on prend encore le temps d’aller admirer un groupe de manchots. Pas des pingouins (qui vivent dans l’hémisphère nord) mais bien des manchots. Ils sont adorables et pas vraiment farouches. C’est un régal de les voir évoluer à quelques mètres de nous. 

Nous arrivons à Cape Town alors que le soleil se couche, la vue est superbe, féérique, nous allons passer 3 jours dans la plus belle ville d’Afrique du Sud.