Petite incursion en Amazonie…Ecuador đŸ‡Ș🇹

Vendredi 5 mai 2017

DĂ©part ce matin pour Lago Agrio (lac amer), une ville nĂ©e de l’exploitation pĂ©trolifĂšre, au coeur de l’Amazonie. Nous avons 300 km Ă  parcourir et nous ne connaissions pas vraiment la difficultĂ© du parcours, nous empruntons des routes qui bientĂŽt ressemblent plutĂŽt Ă  des chemins, Ă  des sentiers.

Le GPS semble perdu, il nous emmĂšne systĂ©matiquement hors de notre itinĂ©raire. On se renseigne auprĂšs de passants Ă  plusieurs reprises, pas toujours trĂšs clairs dans leurs explications. Le GPS semble parfois retrouver ses esprits… jusqu’Ă  ce qu’on se trouve sans le vouloir…Ă  la frontiĂšre colombienne. Un soldat en armes, plutĂŽt impressionnant, nous montre le chemin qu’il nous faudra emprunter, pas trĂšs engageant. Nous y allons quand mĂȘme. De toute façon, nous n’avons pas le choix, on est complĂštement paumĂ©s.

Ce douanier-militaire nous annonce qu’on est Ă  environ 5 heures de notre destination. On pensait 2 heures max, autant vous dire que c’est le coup de massue!!! 100 km plus loin, de chemins ravinĂ©s, nous commençons Ă  manquer d’essence et aucune station service en vue, ni mĂȘme de villages. Un peu plus loin, Santa Barbara, pas en Californie bien sĂ»r mais au fin fond de la pampa Ă©quatorienne. GrĂące Ă  quelques militaires installĂ©s dans une caserne locale (il y a beaucoup de trafics Ă  cause de la Colombie proche) nous parvenons Ă  trouver quelques gallons d’essence, vendus chez l’Ă©piciĂšre du coin, eh oui, c’est comme cela que ça fonctionne loin de Quito et des grandes villes Ă©quatoriennes. Nous voilĂ  rassurĂ©s et prĂȘt Ă  repartir pour une autre centaine de km de chemins tout autant ravinĂ©s. Nous qui voulions de l’aventure, nous sommes servis. Il ya un monde fou sur cette route, motos, bus, piĂ©tons, camions..et tous ces niños qui sortent de partout et de nulle part. C’est incroyable, le dĂ©cor qui s’offre Ă  nos yeux Ă©bahis est spectaculaire; le ravin est si profond Ă  notre gauche que nous n’en voyons pas le fond. La  vĂ©gĂ©tation est luxuriante et s’Ă©tend sur tous les versants. Les indigĂšnes locaux semblent vivre dans des conditions trĂšs difficiles, dans des habitations, limite cabanes, avec tout juste un toit, en tĂŽle. Nous apprenons que l’Ă©tat offre une bourse d’Ă©tudes Ă  chaque enfant et cela suffit Ă  leur bonheur.  Quelques poules, quelques chĂšvres se promĂšnent sur les routes massacrĂ©es que nous empruntons.

AprĂšs toutes ces routes de cailloux et de ravines, on finit quand mĂȘme par retrouver du bitume… enfin pas toujours. Les Ă©boulements des pluies rĂ©centes ont emmenĂ© des pans de routes entiers, ce qui ne nous a pas permis de rattraper le temps perdu suite Ă  notre problĂšme d’essence (Ă  ce propos, prenez de l’essence chaque fois que vous en avez l’occasion, vous ne savez jamais quand vous trouverez la prochaine pompe). Les derniers 100 km sont interminables d’autant que la nuit tombe rapidement. A l’Equateur, la nuit arrive plus vite que chez nous et ne varie pas beaucoup d’une saison Ă  l’autre. Encore quelques encablures et on finit par trouver notre hĂŽtel, tenu par une petite famille..je crois que ce soir, on doit ĂȘtre les seuls clients. On est « invitĂ©s » Ă  manger..la famille en entier vient nous rejoindre et nous passons la soirĂ©e Ă  discuter, avec une petite tequila maison. Le proprio propose mĂȘme de nous faire visiter un petit bout d’Amazonie en sa compagnie le lendemain. Ils ont l’air content de pouvoir discuter en espagnol avec des touristes venus du bout du monde, pour eux. Ils se demandent d’ailleurs ce qu’on vient faire dans leur patelin et quelle mouche nous a piquĂ©e d’ĂȘtre venus se perdre en Amazonie. L’ambiance est super sympa..on ne voit pas le temps passer.

On en profite pour découvrir le lendemain matin des animaux inconnus, comme le cuchucho, un marsupial à la truffe de tamanoir et à la queue de lémurien, un animal super rigolo et affectueux.

On fait Ă©galement la connaissance d’un magnifique Toucan.

On se balade avec nos hĂŽtes au milieu d’un fouillis d’arbres, de racines et de lianes. On aperçoit des papillons superbes, plein de couleurs et gĂ©ants et des fleurs toutes plus belles, les unes que les autres. Pour couronner cette belle balade, nous faisons un « vol » en tyrolienne au dessus d’une lagune pleine de piranhas.

Nous revenons Ă  Lago Agrio un peu plus tard, nos hĂŽtes ne nous lĂąchent plus et veulent encore nous montrer le parc municipal oĂč se trouvent des anacondas, caĂŻmans, pĂ©caris, et des perroquets de toutes les couleurs.

La veille, sur la route, quand nous Ă©tions perdus sur cette route remplis d’Ă©boulis , presque en panne d’essence et vraiment loin de tout, on se demandait bien ce qu’on Ă©tait venu faire dans cette galĂšre et franchement, ça n’est pas souvent, au cours de nos voyages que nous nous sommes posĂ©s cette question. Quelques 24 heures plus tard, nous sommes finalement ravis d’ĂȘtre venus ici, nous avons rencontrĂ© des gens formidables, des animaux incroyables, des dĂ©cors spectaculaires et regrettons presque de ne pas pouvoir rester plus longtemps.

Je vais dire ça Ă  la fin de chaque article mais la route est encore longue, nous n’avions pas prĂ©vu que le temps passĂ© sur les routes serait si important . Le mauvais Ă©tat des voies de circulation que la plupart du temps on ne peut qualifier de route, nous complique la tĂąche. Pas d’importance , on s’adapte, on prend notre temps, on profite des paysages et on apprend Ă  gĂ©rer de mieux en mieux notre consommation et notre timing.. pas de soucis, on va y arriver..

suite au prochain Ă©pisode, nous reprenons la route en direction de la cordillĂšre des Andes..;

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