Asie, Mongolie, PĂ©riples 2018

Rendez-vous dans la vallĂ©e de l’Orkhon…(Mongolie) 🇲🇳

Dimanche 12 août 2018

 

VoilĂ  dĂ©jĂ  une semaine que nous sommes en Mongolie, nous commençons Ă  nous habituer Ă  nos couchages spartiates dans la yourte ainsi qu’aux petits-dĂ©jeuners Ă  base de mouton bouilli. Quand nous serons totalement rodĂ©s Ă  cette vie nomade, il sera certainement temps de revenir en France. zut…il faudrait rester plus longtemps.

 

Aujourd’hui, nous remontons vers le nord et quittons doucement le Gobi. Nous continuerons encore longtemps Ă  rouler dans la steppe mais nous allons progressivement quitter le dĂ©sert. Nous dĂ©couvrons, et c’est nouveau pour nous, des clĂ´tures. Elles servent non pas Ă  maintenir les animaux en captivitĂ©, mais plutĂ´t Ă  protĂ©ger des plantations qui serviront Ă  Ă©viter que le sable ne se dĂ©place jusqu’en CorĂ©e. Les voisins corĂ©ens sont parait-il perturbĂ©s par les tempĂŞtes de sable mongoles.

Les pistes que nous empruntons sont toujours aussi difficiles. Nous traversons mĂŞme des rivières avec notre super 4X4. C’est tout de mĂŞme impressionnant de voir l’eau arriver au dessus des roues et ĂŞtre secouĂ© en mĂŞme temps comme des pruniers. Nous avons Ă  prĂ©sent une totale confiance en Ogii. Nous l’avons vu Ă  l’oeuvre depuis une semaine et ne doutons pas un seul instant de son habiletĂ© au volant. Il va lĂ  oĂą jamais nous ne serions allĂ©s. Nous allons tout de mĂŞme parcourir 260 km aujourd’hui, c’est Ă©norme pour un pays comme la Mongolie quand on sait que par moments, nous ne roulons pas Ă  plus de 15 ou 20 km/h.

Borgo et Ogii surveillent les environs, observent les voitures que l’on voit dans notre pĂ©rimètre, quels itinĂ©raires elles empruntent, si elles paraissent embourbĂ©es, ou victimes d’un incident mĂ©canique. Ils vont rĂ©gulièrement Ă  la pĂŞche aux renseignements. Ce n’est surement pas le cas, mais tout le monde semble se connaitre dans ce pays. On perçoit une forme de solidaritĂ© et mĂŞme d’amitiĂ© entre tous les chauffeurs, ils se refilent les tuyaux, les endroits oĂą passer ou Ă  l’inverse Ă  Ă©viter .

Compte tenu qu’il n’y a pas de route dĂ©finie et que tout est possible, on se demande Ă  chaque fois quelle direction nous allons prendre quand on arrive Ă  une « intersection ». Notre guide nous explique que cela fait 10 ans qu’il n’avait pas plu dans le Gobi, et qu’ils ne s’Ă©taient pas retrouvĂ©s dans cette situation d’embourbement. Il fallait que ça tombe sur nous.

Un peu plus loin, d’ailleurs, nous assistons Ă  une opĂ©ration sauvetage. Un gros Land cruiser et deux autres vĂ©hicules qui transportaient des touristes asiatiques sont dans la boue jusqu’Ă  la garde, impossible de s’en sortir sans aide. Tout le monde s’est arrĂŞtĂ© pour leur porter secours, on a pelletĂ©, cordĂ©, tirĂ©, poussĂ© pendant 2 heures au moins pour finalement dĂ©gager les vĂ©hicules . Cette solidaritĂ© Ă©tait très Ă©mouvante (sauf les corĂ©ens qui nous regardaient en chantant et en dansant).

12h30, on est censĂ© arriver Ă  Mandalovoo pour faire la pause repas…en fait, on improvise un pique-nique au milieu de nulle part, Ă  des dizaines de km de toute habitation..sensation incroyable d’isolement, l’infini devant nous et autour de nous..

Un peu plus loin, encore un dĂ©pannage, une voiture qui a perdu son pare-choc et cassĂ© la boite de vitesse. On est près Ă  embarquer les deux jeunes italiens qui sont concernĂ©s par l’incident et qui attendent depuis un petit moment quand soudain, on aperçoit notre chauffeur grimper sur le toit du vĂ©hicule pour tenter de capter du rĂ©seau et finalement ainsi rĂ©soudre le problème . Quelqu’un va venir les secourir incessamment..ouf…le système D a encore fonctionnĂ©.

Vers 15h, nous arrivons au camp de yourtes Ongii Energy..le cadre est bucolique, Ă  cotĂ© d’une paisible rivière (on n’en pas encore vues beaucoup) et entourĂ© de jolies montagnes. Comme souvent en Mongolie, nous sommes au milieu de nulle part. Après l’installation dans notre yourte, plutĂ´t moderne pour une fois, on se dirige vers un monastère tout près du camp.

Quelques minutes de marche et nous y sommes. Il n’en reste pas beaucoup en Mongolie, celui ci a Ă©tĂ© reconstruit dans les annĂ©es 70 au milieu des ruines et un petit village s’y est installĂ©. Le Boudha, installĂ© un peu plus haut dans la montagne, a repris sa place Ă©galement. Il domine la petite rivière qui coule paisiblement juste Ă  cotĂ©. On ne voulait plus descendre tellement on Ă©tait bien Ă  ses cotĂ©s.

Retour au camp plus tard dans la soirĂ©e ou nous dĂ®nons sur la terrasse, dominant la petite rivière. Le soleil est couchant, et nous dĂ©gustons quelques spĂ©cialitĂ©s mongoles avec un peu de vin et de bière locale, que demander de mieux. Les couleurs dans le ciel sont magnifiques, c’est le paradis. Il fait bientĂ´t nuit, nous apprĂ©cions ce petit moment calme. On partage nos impressions avec des italiens qui voyagent avec une guide mongole., on a fait Ă  peu près le mĂŞme parcours jusqu’Ă  prĂ©sent et c’est sympa de comparer nos expĂ©riences respectives.

Lundi 13 août 2018

Après une nuit tranquille et reposante, nous prenons la direction nord-ouest ce matin en direction de la vallĂ©e de l’Orkhon. La destination est Ă©loignĂ©e, 360 km et pratiquement que de la piste. Cela va reprĂ©senter une dizaine d’heures environ de route dans un dĂ©cor magnifique mais très difficile. Nous allons traverser des steppes couvertes de fleurs, des montagnes, des rivières, des paysages de rĂŞves tels que l’on les a toujours imaginĂ©s en Mongolie.

 

Nous traversons SaĂŻkhan Ovoo ou nous prenons de l’essence. Un peu plus loin, une vieille dame très bavarde nous offre un lait au thĂ© , dans une yourte. Nous traversons ensuite Bayangol, les kilomètres dĂ©filent, le terrain redevient boueux. Les Ă®lots de joncs se succèdent aux grandes flaques. La rivière est montĂ©e plus que prĂ©vue, on ne peut plus passer…on contourne l’obstacle. Ogii trouve un itinĂ©raire qui nous permet de retrouver la route un peu plus loin. Pause-repas Ă  Zuunbayan, comme d’hab de la soupe de viande avec enfin, des lĂ©gumes.

Notre resto Ă  Zuunbayan

On repart vers Khujirt plus au nord qui est encore Ă  88 km de notre destination finale, une Ă©ternitĂ©. Le plus dur reste encore Ă  venir. Des pistes de dahu, des rivières difficiles Ă  traverser, des traversĂ©es en plein champ, des ornières boueuses, et sur la fin, un champ de lave pratiquement infranchissable. Chaque mètre est une Ă©preuve..parfois, il faut faire demi-tour et chercher un autre itinĂ©raire. On a l’impression qu’on ne va jamais y arriver, on aperçoit de temps en temps une yourte loin de tout, et toujours beaucoup de tĂŞtes de bĂ©tail, des chèvres, des moutons, beaucoup de chevaux et nos premiers yaks.

 

 

Nous sommes Ă  prĂ©sent dans la vallĂ©e de l’Orkhon, une petite vallĂ©e verte adorable, entourĂ©e de montagnes et de coulĂ©es de lave volcaniques. On s’arrĂŞte pour voir la falaise oĂą 1000 moines ont Ă©tĂ© jetĂ©s dans le vide par les soviĂ©tiques avant la deuxième guerre mondiale.

Le paysage a changé, nous apercevons à présent des forêts de pin, de conifères. Dans les prés que nous traversons, nous trouvons nos premiers edelweiss, cette fleur qui se trouve plutôt dans nos montagnes européennes habituellement.

Il faut encore se renseigner pour savoir oĂą se trouve notre famille. Celle-ci change souvent d’endroit et depuis la dernière visite de notre guide, le lieu de leur implantation n’est plus le mĂŞme. Borgo et Ogii finissent par la trouver. Le dĂ©cor est idyllique, paradisiaque, jamais nous ne nous Ă©tions trouvĂ©s dans un endroit aussi incroyable, aussi simplement beau. Les sentiments que le lieu nous inspire sont la zĂ©nitude, la plĂ©nitude, le bien-ĂŞtre absolu.

Nous atteignons enfin le lieu oĂą nous allons passer deux nuits. Quelques yourtes sont situĂ©es un peu Ă  l’Ă©cart des yourtes familiales. C’est dans celles-ci que nous allons dormir. Une boĂ®te de conserve Ă  l’envers, remplie d’eau, et accrochĂ©e Ă  un piquet, fait office de « salle de bain »..

Il est tard, bientĂ´t l’heure du repas, nous assistons Ă  la fabrication des Booz, des raviolis avec de la viande farcie. C’est notre repas du soir avec quelques lĂ©gumes .

 

Après celui-ci, nous avons eu la chance de voir comment se fabriquait l’alcool de lait par distillation. une sorte d’eau-de-vie ou schnaps, comme on dit chez moi. On y goĂ»te , il est presque 22h, cela permettra peut-ĂŞtre Ă  Nath de faire passer quelques petits maux d’estomac.

La nuit tombe, il est temps d’aller se reposer, après une longue journĂ©e passĂ©e sur les routes difficiles de la merveilleuse et bucolique vallĂ©e de l’Orkhon.

 

 

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1 commentaire

  1. c’est magnifique et tout simplement je dirai j’ai voyagĂ©, merci.

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