Rendez-vous dans la vallée de l’Orkhon…(Mongolie)

Rendez-vous dans la vallée de l’Orkhon…(Mongolie)

3 octobre 2018 1 Par Denis

Dimanche 12 août 2018

 

Voilà déjà une semaine que nous sommes en Mongolie, nous commençons à nous habituer à nos couchages spartiates dans la yourte ainsi qu’aux petits-déjeuners à base de mouton bouilli. Quand nous serons totalement rodés à cette vie nomade, il sera certainement temps de revenir en France. zut…il faudrait rester plus longtemps.

 

Aujourd’hui, nous remontons vers le nord et quittons doucement le Gobi. Nous continuerons encore longtemps à rouler dans la steppe mais nous allons progressivement quitter le désert. Nous découvrons, et c’est nouveau pour nous, des clôtures. Elles servent non pas à maintenir les animaux en captivité, mais plutôt à protéger des plantations qui serviront à éviter que le sable ne se déplace jusqu’en Corée. Les voisins coréens sont parait-il perturbés par les tempêtes de sable mongoles.

Les pistes que nous empruntons sont toujours aussi difficiles. Nous traversons même des rivières avec notre super 4X4. C’est tout de même impressionnant de voir l’eau arriver au dessus des roues et être secoué en même temps comme des pruniers. Nous avons à présent une totale confiance en Ogii. Nous l’avons vu à l’oeuvre depuis une semaine et ne doutons pas un seul instant de son habileté au volant. Il va là où jamais nous ne serions allés. Nous allons tout de même parcourir 260 km aujourd’hui, c’est énorme pour un pays comme la Mongolie quand on sait que par moments, nous ne roulons pas à plus de 15 ou 20 km/h.

Borgo et Ogii surveillent les environs, observent les voitures que l’on voit dans notre périmètre, quels itinéraires elles empruntent, si elles paraissent embourbées, ou victimes d’un incident mécanique. Ils vont régulièrement à la pêche aux renseignements. Ce n’est surement pas le cas, mais tout le monde semble se connaitre dans ce pays. On perçoit une forme de solidarité et même d’amitié entre tous les chauffeurs, ils se refilent les tuyaux, les endroits où passer ou à l’inverse à éviter .

Compte tenu qu’il n’y a pas de route définie et que tout est possible, on se demande à chaque fois quelle direction nous allons prendre quand on arrive à une « intersection ». Notre guide nous explique que cela fait 10 ans qu’il n’avait pas plu dans le Gobi, et qu’ils ne s’étaient pas retrouvés dans cette situation d’embourbement. Il fallait que ça tombe sur nous.

Un peu plus loin, d’ailleurs, nous assistons à une opération sauvetage. Un gros Land cruiser et deux autres véhicules qui transportaient des touristes asiatiques sont dans la boue jusqu’à la garde, impossible de s’en sortir sans aide. Tout le monde s’est arrêté pour leur porter secours, on a pelleté, cordé, tiré, poussé pendant 2 heures au moins pour finalement dégager les véhicules . Cette solidarité était très émouvante (sauf les coréens qui nous regardaient en chantant et en dansant).

12h30, on est censé arriver à Mandalovoo pour faire la pause repas…en fait, on improvise un pique-nique au milieu de nulle part, à des dizaines de km de toute habitation..sensation incroyable d’isolement, l’infini devant nous et autour de nous..

Un peu plus loin, encore un dépannage, une voiture qui a perdu son pare-choc et cassé la boite de vitesse. On est près à embarquer les deux jeunes italiens qui sont concernés par l’incident et qui attendent depuis un petit moment quand soudain, on aperçoit notre chauffeur grimper sur le toit du véhicule pour tenter de capter du réseau et finalement ainsi résoudre le problème . Quelqu’un va venir les secourir incessamment..ouf…le système D a encore fonctionné.

Vers 15h, nous arrivons au camp de yourtes Ongii Energy..le cadre est bucolique, à coté d’une paisible rivière (on n’en pas encore vues beaucoup) et entouré de jolies montagnes. Comme souvent en Mongolie, nous sommes au milieu de nulle part. Après l’installation dans notre yourte, plutôt moderne pour une fois, on se dirige vers un monastère tout près du camp.

Quelques minutes de marche et nous y sommes. Il n’en reste pas beaucoup en Mongolie, celui ci a été reconstruit dans les années 70 au milieu des ruines et un petit village s’y est installé. Le Boudha, installé un peu plus haut dans la montagne, a repris sa place également. Il domine la petite rivière qui coule paisiblement juste à coté. On ne voulait plus descendre tellement on était bien à ses cotés.

Retour au camp plus tard dans la soirée ou nous dînons sur la terrasse, dominant la petite rivière. Le soleil est couchant, et nous dégustons quelques spécialités mongoles avec un peu de vin et de bière locale, que demander de mieux. Les couleurs dans le ciel sont magnifiques, c’est le paradis. Il fait bientôt nuit, nous apprécions ce petit moment calme. On partage nos impressions avec des italiens qui voyagent avec une guide mongole., on a fait à peu près le même parcours jusqu’à présent et c’est sympa de comparer nos expériences respectives.

Lundi 13 août 2018

Après une nuit tranquille et reposante, nous prenons la direction nord-ouest ce matin en direction de la vallée de l’Orkhon. La destination est éloignée, 360 km et pratiquement que de la piste. Cela va représenter une dizaine d’heures environ de route dans un décor magnifique mais très difficile. Nous allons traverser des steppes couvertes de fleurs, des montagnes, des rivières, des paysages de rêves tels que l’on les a toujours imaginés en Mongolie.

 

Nous traversons Saïkhan Ovoo ou nous prenons de l’essence. Un peu plus loin, une vieille dame très bavarde nous offre un lait au thé , dans une yourte. Nous traversons ensuite Bayangol, les kilomètres défilent, le terrain redevient boueux. Les îlots de joncs se succèdent aux grandes flaques. La rivière est montée plus que prévue, on ne peut plus passer…on contourne l’obstacle. Ogii trouve un itinéraire qui nous permet de retrouver la route un peu plus loin. Pause-repas à Zuunbayan, comme d’hab de la soupe de viande avec enfin, des légumes.

Notre resto à Zuunbayan

On repart vers Khujirt plus au nord qui est encore à 88 km de notre destination finale, une éternité. Le plus dur reste encore à venir. Des pistes de dahu, des rivières difficiles à traverser, des traversées en plein champ, des ornières boueuses, et sur la fin, un champ de lave pratiquement infranchissable. Chaque mètre est une épreuve..parfois, il faut faire demi-tour et chercher un autre itinéraire. On a l’impression qu’on ne va jamais y arriver, on aperçoit de temps en temps une yourte loin de tout, et toujours beaucoup de têtes de bétail, des chèvres, des moutons, beaucoup de chevaux et nos premiers yaks.

 

 

Nous sommes à présent dans la vallée de l’Orkhon, une petite vallée verte adorable, entourée de montagnes et de coulées de lave volcaniques. On s’arrête pour voir la falaise où 1000 moines ont été jetés dans le vide par les soviétiques avant la deuxième guerre mondiale.

Le paysage a changé, nous apercevons à présent des forêts de pin, de conifères. Dans les prés que nous traversons, nous trouvons nos premiers edelweiss, cette fleur qui se trouve plutôt dans nos montagnes européennes habituellement.

Il faut encore se renseigner pour savoir où se trouve notre famille. Celle-ci change souvent d’endroit et depuis la dernière visite de notre guide, le lieu de leur implantation n’est plus le même. Borgo et Ogii finissent par la trouver. Le décor est idyllique, paradisiaque, jamais nous ne nous étions trouvés dans un endroit aussi incroyable, aussi simplement beau. Les sentiments que le lieu nous inspire sont la zénitude, la plénitude, le bien-être absolu.

Nous atteignons enfin le lieu où nous allons passer deux nuits. Quelques yourtes sont situées un peu à l’écart des yourtes familiales. C’est dans celles-ci que nous allons dormir. Une boîte de conserve à l’envers, remplie d’eau, et accrochée à un piquet, fait office de « salle de bain »..

Il est tard, bientôt l’heure du repas, nous assistons à la fabrication des Booz, des raviolis avec de la viande farcie. C’est notre repas du soir avec quelques légumes .

 

Après celui-ci, nous avons eu la chance de voir comment se fabriquait l’alcool de lait par distillation. une sorte d’eau-de-vie ou schnaps, comme on dit chez moi. On y goûte , il est presque 22h, cela permettra peut-être à Nath de faire passer quelques petits maux d’estomac.

La nuit tombe, il est temps d’aller se reposer, après une longue journée passée sur les routes difficiles de la merveilleuse et bucolique vallée de l’Orkhon.