Everest, Exploration 2019, Nepal

Le trek du camp de base…par la Team Everest 2019 🇳🇵

 

1er mai 2019 

DĂ©part au NĂ©pal

C’est parti pour notre voyage au NĂ©pal, rĂ©veil matinal ce 1er mai 2019, il est 4 heures du matin, la nuit a Ă©tĂ© courte car notre avion au dĂ©part de Clermont pour Katmandou, via Paris Abu Dhabi et New-Delhi, dĂ©colle Ă  7h30. Il est 6h30 quand nous dĂ©barquons dans l’aĂ©roport Auvergnat. La Team Everest 2019 presque au complet,  est rĂ©unie en attente d’enregistrer les bagages jusqu’Ă  New-Delhi. A ce moment, nous ne savions pas encore que c’Ă©tait une formalitĂ© inutile mais ceci est une autre histoire que je vous narrerai bientĂ´t!! Nous aurions du pourtant nous douter quelques instants plus tard que la journĂ©e allait ĂŞtre compliquĂ©e quand le commandant de Bord du Clermont-Paris CDG nous annonce que le vol est retardĂ© Ă  cause du brouillard qui a envahi l’aĂ©roport parisien, alors qu’Ă  Clermont, le ciel est magnifiquement bleu.

Quand on sait que le timing est Ă  ce moment lĂ  plutĂ´t serrĂ© entre l’atterrissage Ă  Paris et le dĂ©collage pour Abu Dhabi , on commence Ă  se faire un peu de souci. La aussi, inutile de se faire davantage de tracas quand on connait la suite!! Le pilote bombarde pour rattraper le temps perdu et grâce au taxi commandĂ© quelques jours plus tĂ´t pour effectuer le trajet entre le terminal 2G et 2C, nous arrivons Ă  l’heure, pour en thĂ©orie embarquer Ă  bord du magnifique A380 de la compagnie nationale Ă©mirate ETIHAD. Et lĂ , patatras, c’est la douche froide, les employĂ©s de la compagnie qui nous ont vu venir, nous interdisent l’accès Ă  bord de l’avion car nous n’avons pas de visa pour l’Inde (qui est notre destination après Abu Dhabi). Nous ne faisons pourtant que transiter par New Delhi un peu plus tard, rĂ©cupĂ©rer nos bagages pour les rĂ©enregistrer sur le vol de Katmandu. Nous apprenons que nos bagages vont transiter en fait par la zone nationale et non internationale et de ce fait, nous avons besoin d’un visa…incroyable mais vrai!!

Dans un premier temps, c’est l’abattement, certains ont mĂŞme l’idĂ©e de tout abandonner et de rentrer Ă  la maison. Ce n’est certainement pas ce que l’on va faire. D’abord on discute, on parlemente pour essayer de comprendre ce qui s’est passĂ©. A partir du moment ou Ă  Delhi, on change de compagnie (on passe d’ETIHAD Ă  Air India), il est indispensable de se procurer un e-visa Ă  80 dollars!!! MĂŞme pour ne rester que quelques heures Ă  l’aĂ©roport…mĂ©lange de tristesse, de colère et de dĂ©ception mais une grande volontĂ© de rebondir. Après toutes ces annĂ©es de voyage, on en apprend encore tous les jours.

Et lĂ  commence un long parcours semĂ© d’embuches pour essayer de rĂ©cupĂ©rer des billets pour Katmandou. La solution d’ETIHAD qui consister Ă  reporter notre vol au lendemain soir, avec de surcroit une majoration du prix de nos billets, ne nous convient pas du tout. Il faut absolument trouver une autre solution. En fouillant sur « Kayak », nous trouvons des vols disponibles sur la Turkish en passant par Istanboul. Ni une, ni deux nous achetons les vols, il sera toujours temps de voir ce que l’on fait avec les vols d’ETIHAD. La prioritĂ© aujourd’hui est d’arriver Ă  Katmandou; quelque soit la compagnie ou l’escale. Heureusement il reste 6 places. Tant pis pour l’Inde et Delhi, nous n’avions pas prĂ©vu de toute façon de visiter ce grand et beau pays, cela sera pour une autre fois.

Nous rĂ©cupĂ©rons nos bagages, un peu d’attente, un peu de repos, un peu de collation et nous voilĂ  enfin partis pour Katmandou, via la capitale turque et son aĂ©roport gigantesque tout neuf, bientĂ´t le plus grand aĂ©roport du monde avec un futur trafic estimĂ© Ă  200 millions de passager par an. 3 heures plus tard, nous y sommes et admirons l’architecture incroyable  de cet aĂ©roport inaugurĂ© 3 semaines plus tĂ´t. Encore une nuit de vol et nous serons enfin au NĂ©pal ou nous attendent Yam notre guide et AlysĂ©e, arrivĂ©e une journĂ©e plus tĂ´t de Nouvelle-ZĂ©lande.

Suite au prochain Ă©pisode.

 

Jeudi 2 mai 2019

Arrivée à Katmandou

Atterrissage Ă  Katmandou 10h30, police, rĂ©cupĂ©ration des bagages, il est plus de midi quand nous retrouvons Yam le guide et AlysĂ©e (notre fille) que nous n’avions pas vue depuis la NZ quelques mois auparavant. PrĂ©sentations, retrouvailles, le moment est Ă©mouvant, nous recevons nos colliers de fleurs de safran et rejoignons notre minibus et notre chauffeur, le bus est flambant neuf, cela commence bien.

Quelques instants plus tard, nous sommes dĂ©jĂ  immergĂ©s dans les petites ruelles bondĂ©es et bruyantes de Katmandu…pour nos compagnons de voyage, c’est l’hallucination totale, le dĂ©paysement le plus extrĂŞme. Nous finissons par arriver Ă  notre hĂ´tel, le Nepalaya dans le très sympa quartier de Thamel.

Rapidement nous prenons nos aises, on pose les valises, on s’installe Ă  peine et partons rejoindre Sushi (la femme de Yam) et ses Ă©lèves: 45 petits bouts de chou, dont 25 restent en internat chez elle. Toutes ces petites frimousses adorables qui nous demandent notre nom, qui nous offrent des Ă©charpes, c’est trop mignon. On prend Sushi dans nos bras, cela fait deux ans que l’on ne l’avait pas vue, ça fait tellement plaisir de la revoir et surtout de voir ce qu’est devenue son Ă©cole. Elle nous a prĂ©parĂ©s un petit en-cas, chapati et curry avec du riz: dĂ©licieux.

Yam toujours aussi mĂ©ticuleux et organisĂ©, mais dans le zen le plus total, nous propose de commencer les visites. Aujourd’hui ce sera Swayambonath (le temple aux singes) et les 3 bouddhas d’Or..

c’est tout près de l’Ă©cole. Nous l’avions dĂ©jĂ  vu il ya deux ans mais c’est un toujours plaisir de le revoir. Nous ne le savons pas encore mais pour aller dans ce temple, nous devons attaquer notre première sĂ©rie  d’escaliers et de dĂ©nivelĂ©s, et ceci avant le trek. Au NĂ©pal, il faut toujours monter quelque part (et descendre bien sĂ»r)..

La vue de Katmandu, depuis Swayambonath, est magnifique, impressionnante.

Quelques marchands tentent de nous vendre quelques bols tibĂ©tains, nous attaquons seulement notre voyage, on verra ça plus tard. Nous terminons la journĂ©e sur la terrasse de l’hĂ´tel avec un bon petit repas classiquement nĂ©palais, mo-mos, chowmein etc.. on ne traine pas, tout le monde semble dĂ©cidĂ© Ă  rejoindre ses pĂ©nates, la journĂ©e a Ă©tĂ© longue, et celle de demain le sera tout autant.

La suite au prochain Ă©pisode

 

Vendredi 3 mai 2019

Visite de Katmandou

Tout le monde a bien rĂ©cupĂ©rĂ©, certains ont mĂŞme oubliĂ© de se rĂ©veiller ce matin, pour le p’tit dĂ©j. Pas grave, on n’a pas encore commencĂ© le trek et il faut pour l’instant absorber la fatigue du voyage, du dĂ©calage horaire et des quelques petits soucis du dĂ©part.

Départ pour Pashupatinath ce matin, un lieu sacré pour les hindous, là ou, entre autres, on brule les corps qui finissent en cendres dans le Gange, en Inde.

L’Ă©quipe au complet avec les sadus

En attendant, un nouveau souci doit absolument ĂŞtre rĂ©glĂ© , comment gĂ©rer le retour en France si on n’obtient pas de visa pour l’Inde. Le mĂŞme problème qu’Ă  l’aller apparaĂ®tra, Ă©tant donnĂ© que nous sommes censĂ©s repasser par New Delhi. La procĂ©dure appelĂ©e « e-visa » est assez complexe et longue. Grace Ă  l’aide de Yam, nous nous dirigeons vers l’ambassade de l’Inde ou nous espĂ©rons rĂ©gler le problème. Devant la complexitĂ© des procĂ©dures et les problèmes d’emploi du temps, nous dĂ©cidons de nous rendre dans une petite Ă©choppe juste Ă  cotĂ©, dans une espèce de petit boui-boui qui ne paye pas de mine, et qui nous propose de rĂ©aliser les e-visas en deux temps, trois mouvements (moyennant 3000 roupies=24 euros). On prend quelques photos de nous, on remplit des formulaires, et tout est bouclĂ© en un temps record. Le proprio des lieux nous assure que nous aurons nos visas avant dimanche..et il aura raison, le lendemain un mail nous rassurait tous et nous assurait de ce fait d’un retour par l’Inde avec la compagnie ETIHAD, via New Delhi et Abu Dhabi, ce que nous aurions du faire Ă  l’aller. Ouf, une bonne chose de faite.

C’est l’esprit tranquille que nous partons pour Bodnath, le plus fameux des Stupas boudhistes au coeur de Katmandou. Nous l’avions Ă©galement vu il ya deux ans mais dĂ©cidĂ©ment, on ne se lasse jamais de ces monuments dĂ©diĂ©s Ă  Buddha. Il est de plus situĂ© dans un quartier très sympa avec de magnifiques maisons anciennes tout autour. L’endroit est reposant, dĂ©lassant mĂŞme si Ă©videmment, il y a pas mal de touristes…dont on fait partie bien sur.

Bodnath

suite au prochain Ă©pisode

 

Samedi 4 mai 2019

DĂ©part pour l’aĂ©roport de Ramechhap

DĂ©part de Katmandou

Quelques images de Katmandou

Faut le voir pour le croire…

DĂ©part aujourd’hui pour Ramechhap, Ă  150 km de Katmandou , c’est lĂ  que l’on doit prendre l’avion qui nous amènera Ă  Lukla (2800m), lieu de dĂ©part du trek.

DĂ©part de l’hĂ´tel

L’aĂ©roport de Katmandou Ă©tant fermĂ© le matin pour cause de travaux, nous sommes de ce fait obligĂ©s de nous rendre dans cette province de l’est du Nepal ou se trouve un petit aĂ©rodrome, avec une piste minuscule de 500 m. La route pour s’y rendre est conforme Ă  ce que l’on connaissait dĂ©jĂ , sinueuse , trouĂ©e voire dĂ©foncĂ©e, beaucoup de camions, de bus, de motos et toutes sortes de vĂ©hicules qui se croisent, se doublent n’importe ou, n’importe comment. Elle est pittoresque Ă©galement et franchement c’est dĂ©jĂ  un peu l’aventure. Ca serait presque drĂ´le, si ça n’Ă©tait pas parfois dangereux . Après une petite pause casse-croute, on finit par y arriver quand mĂŞme, au bout de 5 heures, pas trop mal!!. Le village ou se trouve l’aĂ©roport (si l’on peut l’appeler ainsi) s’appelle Manthali, village caractĂ©ristique nĂ©palais ou règne un certain chaos et ou les pauvres routes sont encore plus dĂ©foncĂ©es qu’ailleurs.

Arrivée à Manthali (Ramechhap)

L’aventure commence, l’hĂ´tel n’a pas de fenĂŞtres donnant sur l’extĂ©rieur, la salle de bains n’a pas de lavabo (???), les matelas ne sont qu’une planche, pas grave…après tout, on a signĂ© pour en baver, autant que ça commence tout de suite!! Le repas est très bon et on fait encore un petit tour de village, histoire de bien s’abrutir.

Petite promenade dans Manthali (Ramechhap)

MalgrĂ© la chaleur, le bruit et le ventilateur, nous essayons de nous endormir..l’aĂ©roport est tout prĂŞt de l’hĂ´tel, on pourra peut-ĂŞtre dormir un peu plus longtemps. Le trek est censĂ© commencer dès demain Ă  l’arrivĂ©e de l’avion Ă  Lukla, village accessible uniquement par les airs. D’habitude je ne suis pas fan des boules Quies mais ce soir ça sera obligatoire, il y a de l’ambiance dans l’hĂ´tel..et aux alentours.

On vient d’arriver Ă  Manthali
Le jour tombe sur Manthali

accueil trop mignon Ă  Manthali

Suite demain au prochain Ă©pisode

 

Dimanche 5 mai 2019

Faux-départ pour Lukla

RĂ©veil ce matin Ă  5h45, c’est le grand jour, enfin c’est ce qu’on croyait…voilĂ  maintenant 3 jours que nous sommes arrivĂ©s au NĂ©pal, après de nombreuses pĂ©ripĂ©ties, problème de visa avec l’Inde etc…La nuit a Ă©tĂ© plutĂ´t courte. Nous Ă©tions arrivĂ©s la veille au soir Ă  Ramechhap, après 150 km de routes (si on peut les qualifier ainsi!) depuis Katmandou.

Le lodge en plein centre du village est sympa, mĂŞme s’il est un peu bruyant. On a eu un peu de mal Ă  s’endormir sur nos matelas qui ressemblaient plutĂ´t Ă  une planche. On se rĂ©veille vers 5 heures quand le personnel de l’hĂ´tel commence Ă  faire le mĂ©nage Ă  grands coups de seaux, de musique, de portes qui claquent et de grands cris dans le couloir. Pas grave, on est en vacances et de toute façon, il faut se lever tĂ´t.

DĂ©part du Lodge ce matin vers 6h45, notre avion est censĂ© dĂ©coller vers 8h00. L’aĂ©roport n’est pas très loin, notre taxi ne mettra que quelques minutes pour s’y rendre, mĂŞme si l’arrivĂ©e est un peu chaotique et la route complètement dĂ©foncĂ©e.

ArrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport de Ramechhap

Les avions qui font la navette entre Ramechhap et Lukla sont des petits avions 14 places, bimoteurs.Il ya un monde fou devant l’aĂ©roport. Des tas de sacs entreposĂ©s partout, des personnes affalĂ©es et couchĂ©es partout.

Il y d’autres trekkeurs qui sont arrivĂ©s avant nous!!

On dĂ©couvre alors que les vols pour Lukla sont pour l’instant reportĂ©s pour cause de mĂ©tĂ©o difficile. , plafond trop bas, couverture nuageuse trop importante. Il va donc falloir attendre, mais combien de temps, nous n’en avons aucune idĂ©e..On scrute le ciel, on va Ă  la pĂŞche aux infos et on patiente. Après tout, nous sommes au NĂ©pal, et ici personne ne s’affole jamais, tout le monde reste zen. Certains jouent aux cartes, d’autres lisent, consultent leur tĂ©lĂ©phone, discutent ou font des connaissances..sans trop savoir ce qui nous attend.

 

 

On joue au cartes, on fait des connaissances, on dort, on attend
Yam, Nath et Alysée passent le temps

Franchement, depuis notre dĂ©part de France, ça n’a pas Ă©tĂ© facile de prendre l’avion, cette fois ci, c’est un problème mĂ©tĂ©o.

Vers 9h30, les choses semblent s’arranger, on perçoit un mouvement de foule, c’est bon signe. En plus, on commence Ă  peser les bagages (on a droit Ă  10kg en soute et 5 en cabine).

Nos bagages ont Ă©tĂ© pesĂ©s…pour rien

Malheureusement nous ne sommes pas les premiers Ă  prendre l’avion, des trekkeurs attendent leur avion depuis 6 heures. Certains sont mĂŞme venus depuis Katmandou et ont fait du bus toute la nuit. Tant qu’un avion n’est pas parti, on n’est pas totalement rassurĂ©s mais ça se prĂ©sente bien. Ca y est, nous avons nos cartes d’embarquement, reste le contrĂ´le des bagages, Ă  l’ancienne..notre beau sac qu’on avait bien emballĂ© ce matin est mis sens dessus-dessous. Reste encore le poste de sĂ©curitĂ© avant de nous retrouver en porte d’embarquement. Ne cherchez pas de numĂ©ro Ă  la porte, il n’y en a pas. Quelques chaises tout de mĂŞme et des gens assis par terre, la piste et les avions juste devant nous.

La porte d’embarquement
Les avions verts, ces sont les nĂ´tres

Et lĂ , recommence une longue attente…avec un soupçon d’organisation Ă  la nĂ©palaise. Personne ne nous dit rien, des tas de bagages passent devant nous, atterrissent sur le tarmac et attendent d’ĂŞtre introduits dans une soute.

Le temps parait beau pourtant

3 avions de la Tara, notre compagnie, sont dĂ©jĂ  revenus de Lukla et pourtant, personne ne bouge. De quoi Ă©prouver la patience de nos compagnons et de tous les passagers en attente de gravir l’Himalaya.

La tour de contrĂ´le
Si, si, on est bien Ă  l’aĂ©roport

Au fur et Ă  mesure que les heures passent, on commence Ă  se dire qu’on ne partira pas. Quelques avions sont tout de mĂŞme partis, au compte goutte, quand une Ă©claircie sur Lukla se prĂ©sente.

On a cru qu’on embarquerait Ă  bord de cet avion

A 17 heures, le couperet tombe, tous les vols sont annulĂ©s..nous avons tout de mĂŞme attendu dix longues heures pour rien, dans ce minuscule aĂ©roport Ă  l’allure d’un marchĂ© de campagne.

Pas de pilote aujourd’hui

Retour Ă  la case dĂ©part, autrement dit Ă  l’hĂ´tel, ou nous Ă©tions arrivĂ©s la veille. Dans un premier temps, c’est un peu la dĂ©ception, mais on reste positifs, la mĂ©tĂ©o pour le lendemain s’annonce bonne, ensoleillĂ©e, mĂŞme si avec la montagne, on ne peut jamais savoir. Un bon repas, une bonne remotivation, quelques blagues et c’est reparti pour un tour. Demain matin, ça sera encore plus tĂ´t, lever 4h15 pour ĂŞtre Ă  l’aĂ©roport Ă  5h30 et un vol espĂ©rĂ© Ă  6h, mais ceci est une autre histoire.

Les camions de kerozene sont sympas
on s’est demandĂ© comment des bagages n’Ă©taient pas perdus

 

 

Retour Ă  l’hĂ´tel, Thomas en profite pour se faire faire une petite coupe

A demain pour le dĂ©but du trek, c’est certain.

 

Lundi 6 mai 2019

 

Arrivée à Lukla (2840) et Lukla-Monjo (2835)

 

1er jour de trek...Lever super tĂ´t ce matin, comme prĂ©vu Ă  4h15, tout le monde est sur le pont, prĂŞts Ă  en dĂ©coudre avec ce maudit avion qui n’a pas voulu dĂ©coller hier . Nous sommes Ă  l’aĂ©roport Ă  5h00 et c’est reparti pour une nouvelle attente.

On continue d’attendre

7h et toujours pas d’avion qui dĂ©colle, et pourtant, la mĂ©tĂ©o a l’air magnifique, idĂ©ale, ciel bleu, tempĂ©rature parfaite. A Lukla ça n’est surement pas pareil. Bonne nouvelle, aux alentours de 7h et quelques, un agent de la Tara commence Ă  arriver. DĂ©barque Ă©galement un pilote, ça devient bon. Quand on nous annonce que le vol va avoir lieu prochainement, on ose Ă  peine y croire. Le seul petit problème est que nous ne sommes pas tous les 8 dans le mĂŞme avion. Le vol dure Ă  peine une vingtaine de minutes, au milieu des montagnes. Le temps en altitude s’est amĂ©liorĂ© apparemment, tous les vols auront bien lieu. Nath, Pascale, Geneviève et moi sommes dans le mĂŞme vol. Le vol est superbe, nous commençons Ă  voir les neiges Ă©ternelles. L’atterrissage est très impressionnant face Ă  la montagne, le poser est un peu brutal mais nous sommes ravis d’ĂŞtre arrivĂ©s Ă  Lukla (2850m), enfin.

C’est lĂ  qu’on s’est posĂ©!!!

On attend Ă  prĂ©sent la suite de l’Ă©quipe qui doit arriver avec le 3ème vol. Nous sommes impatients Ă  prĂ©sent d’ĂŞtre tous rĂ©unis, d’autres vols issus d’autres compagnies arrivent, la Summit et Sita mais pas encore de Tara, les avions verts. Nos 3 compères et Yam, le guide arrivent enfin.

La deuxième Ă©quipe est arrivĂ©e…mais pas le sac d’AlysĂ©e et Thomas
On est content de les voir débarquer..

Mais comme tous les jours depuis qu’on est parti, un petit problème survient. Cette fois ci, c’est un problème de sac. Celui d’AlysĂ©e et Thomas n’est pas arrivĂ© en mĂŞme temps que leur avion. Et Ă  nouveau va commencer une longue attente, un peu d’agacement aussi, ça commence Ă  faire beaucoup de tracasseries en quelques jours. Heureusement Yam est lĂ  pour tout arranger, Ă  coup d’appels tĂ©lĂ©phoniques et de nĂ©gociations avec le responsable de l’aĂ©roport…Ă  la nĂ©palaise. Quelques vols plus tard, le sac arrive enfin, c’est bientĂ´t le dĂ©part du trek. Nous faisons connaissons avec Lakhpa notre jeune Sherpa de 19 ans, avec les porteurs aussi qui commencent Ă  installer nos sacs sur leurs dos. On est dans les starting-blocks Ă  prĂ©sent, prĂŞts Ă  en dĂ©coudre avec l’Himalaya.

Notre Sherpa avec ses petites jambes et sa grande frĂ©quence nous fait comprendre que le rythme va ĂŞtre soutenu. On voit qu’il a l’oeil, il regarde en arrière en permanence pour vĂ©rifier si tout le monde suit. Premier arrĂŞt, quelques centaines de mètres plus loin, nous faisons un stop au poste de police pour payer une taxe municipale, Yam s’en occupe. On avance doucement et dĂ©jĂ  le paysage commence Ă  ĂŞtre fantastique. Les premières pentes commencent Ă  apparaitre, les descentes aussi. On traverse des villages incroyables, super mignons, plein de couleurs.

C’est parti
rapidement, on commence Ă  voir les premiers sommets
Les toits de Lukla

 

On croise des touristes comme nous dans les deux sens. Le chemin caillouteux et sinueux est super beau, le temps est magnifique, nous avons beaucoup de chance. On fait pas mal de pauses. Lakhpa sait parfaitement quand il est temps de s’arrĂŞter pour que les plus agitĂ©s attendent les moins rapides. On voit de tout, des cascades, des torrents, des falaises, on est presque Ă  2800m et pourtant la vĂ©gĂ©tation est encore bien prĂ©sente. On croise Ă©galement des mules des yaks qui descendent de la montagne Ă  vide, des porteurs aussi qui ont sur leur dos des objets incroyables, des planches, des tubes mĂ©talliques, de la nourriture, des bouteilles de gaz.

Les mĂŞmes sacs sont le plus souvent Ă  sur le dos des porteurs
Ils en bavent vraiment

 

En attendant, notre Sherpa mène bon train, on voit qu’il connaĂ®t la montagne par coeur, et tous ses coins et recoins. Il croise ses compatriotes sherpas qu’il connait Ă©galement. Lakhpa vient de passer son « BAC » et compte rentrer Ă  l’universitĂ© Ă  la rentrĂ©e.. Ca nous fait bizarre de l’imaginer bientĂ´t Ă  Katmandou au milieu du chaos de cette ville incroyablement agitĂ©e.

A midi, petite pause repas Ă  Phakding (2630 m)  après ĂŞtre passĂ© par Talshaora (2678m), Chheplung (2660m) et Nurning (2592m) ..on est plutĂ´t sur la descente mĂŞme si par moments, ça monte très raide.

Pause repas Ă  Phakding

En principe, le premier soir, nous aurions du nous arrĂŞter pour dormir dans ce village (Phakding) mais comme nous avons pris du retard Ă  cause de l’avion de Lukla, nous dĂ©cidons d’aller plus loin, au moins jusqu’Ă  Monjo (2835m). Pour l’instant, nous en sommes dĂ©jĂ  Ă  3H30 de marche, il nous reste au moins 3h pour finir d’arriver. Yam, en accord avec le Sherpa et les porteurs dĂ©cident de continuer, on est tous d’accord. Pas facile de repartir après le repas, les muscles se sont un peu refroidis, les jambes enraidies, il ne faut pas trop s’attarder pour reprendre le chemin, conseil de Yam, on râle un peu mais on y va.

C’est reparti..

On n’est pas encore vraiment habituĂ© Ă  l’altitude, encore faible pourtant par rapport Ă  ce qui nous attend dans les prochains jours, mais ce qui est le plus difficile, ce sont les raidillons qui durent et qui durent, avec des marches hyper hautes qui obligent a lever les genoux très hauts.

Il va y en avoir des milliers, des montées comme celle-ci!!!

 

Il fait toujours aussi beau et bon et malgrĂ© l’altitude, on est pratiquement en t-shirt, lunettes de soleil force 4 obligatoires. Les paysages dĂ©filent et sont toujours aussi merveilleux. On traverse des ponts suspendus immenses, des petits villages rustiques mais sympas..des gens habitent lĂ , ç’est ça qui nous Ă©pate le plus tant l’isolement est incroyable. Il faut tout de mĂŞmes des heures de marche pour accĂ©der Ă  ces endroits. On se demande de quoi ils vivent, ils ont un peu de terrain, du jardin et proposent des lodges, des petits restos, mais hors saison, que font-ils?

On adore les ponts suspendus
les népalais appellent ça un yéti
Priorité aux mules

 

On finit par arriver Ă  Monjo (2835m), qui n’est pas plus haut que Lukla, notre trek d’aujourd’hui ne nous a pas permis de prendre du dĂ©nivelĂ©, et pourtant il va bien falloir monter un moment donnĂ©, les jours suivants s’annoncent encore plus difficiles.

Le lodge est super sympa, on retrouve les trekkeurs avec lesquels on avait passĂ© du temps Ă  attendre Ă  l’aĂ©roport de Ramechhap. C’est notre première nuit sur notre route vers le camp de base, on dĂ©couvre l’univers du trek de haute montagne , on est Ă©merveillĂ©s. Repas sympa avec le groupe, petite bière « Everest » pour fĂŞter le dĂ©but de notre expĂ©dition. On dĂ©couvre aussi notre chambre froide, et oui, pas de chauffage dans les lodges, il faut utiliser le sac de couchage Ă  -26, prĂ©vu Ă  cet effet. Nous sommes presque Ă  2900m, les nuits commencent Ă  ĂŞtre fraiches. On ne traine pas pour s’endormir, avec le bonnet bien sĂ»r, demain nous attend une grosse journĂ©e, nous allons rejoindre Namche Bazaar, la capitale des Sherpas, nous allons monter de plus de 500m et atteindre 3440m. Nous avons parcouru 17km aujourd’hui et 7h30 de marche, bonne première journĂ©e.

A demain.

Mardi 7 mai 2019

Monjo (2835)-Namche Bazaar (3440)

2ème journĂ©e de trek, nous dĂ©marrons de Monjo (2835m) vers 8h pour rejoindre Namche Bazaar aujourd’hui, la capitale des Sherpas Ă  3440m, point de dĂ©part de beaucoup d’expĂ©ditions dans l’est de l’Himalaya. Presque 500m de dĂ©nivelĂ© nous attendent au programme. Nous allons rentrer dans le fameux parc de Sagarmatha (Everest en nĂ©palais) et enfin obtenir notre permis de trek.

L’Ă©quipe est motivĂ©e, la fatigue d’hier soir semble s’ĂŞtre estompĂ©e, tout le monde est prĂŞt Ă  repartir Ă  l’assaut de la plus haute montagne du monde. Le temps est superbe, pas trop froid, certains membres de l’Ă©quipe partent mĂŞme en short, avec juste une petite polaire en haut pour ne pas prendre froid Ă  la poitrine.

 

On comprend rapidement que la montĂ©e vers Namche Ă  près de 3500m va ĂŞtre raide, beaucoup de marches extrĂŞmement hautes augmentent la difficultĂ© de l’Ă©preuve du jour.

Les premiers raidillons

Le Sherpa a compris qu’il fallait faire davantage de pauses, on double quelques compatriotes rencontrĂ©s au lodge prĂ©cĂ©dent, on fait des arrĂŞts dus aux dĂ©filĂ©s des innombrables mules que l’on croise et qui comme nous, ont commencĂ© leur journĂ©e, chargĂ©es comme des…mules, bien entendu. Elles prennent de la place sur les chemins que l’on emprunte, il faut bien se « garer » cotĂ© rocher car elles ne s’arrĂŞtent pas et risquent mĂŞme de nous balancer dans le ravin.

Nos copines de trek

Les montĂ©es sont interminables, mĂŞme pas un petit faux-plat por nous « reposer », que de la montĂ©e, encore de la montĂ©e. Il ne faut pas regarder trop devant soi, psychologiquement c’est trop dur..plutĂ´t regarder ses pieds, surveiller le chemin, les pierres, les trous et avancer tranquillement Ă  son rythme. Certains veulent savoir Ă  quelle altitude on se trouve, d’autant non pour ne pas se faire de mal. Quand on surveille l’altimètre pourtant, ça ne monte pas vite , 3000, 3100, 3200, 3300, on se rapproche de Namche la fameuse. Avant d’y arriver, on prĂ©sente Ă  un Ă©nième check-point notre permis de Trek, les nĂ©palais ne ratent rien, ni personne!!

d’autres copines

La première impression de la capitale des Sherpas est extraordinaire, des maisons en terrasse, dans un en demi arc-de-cercle avec des toits bleus et verts, entourĂ©e de sommets impressionnants, et notamment le Kongde (6189 m) d’un cotĂ© et le Thamserku (6618m) de l’autre.

On est arrivé à Namche Bazaar

Nous sommes certes encore loin des 8000 mais dĂ©jĂ , ça nous impressionne. Pour nous, simples europĂ©ens, pour qui 4807 est un maximum, nous vivons nos premiers 6000, et ça n’est pas fini. A l’entrĂ©e de Namche Bazaar se trouve la statue de la première nĂ©palaise Sherpa(ni) qui a atteint le sommet de l’Everest et qui malheureusement est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2007 suite Ă  une chute au delĂ  des 8000. Le village est super mignon, typique et de plus on y trouve de tout pour les trekkeurs, des vĂŞtements, du matĂ©riel . Certes, c’est un brin touristique par moments mais c’est sympa tout de mĂŞme. Le village est très escarpĂ©, encore des innombrables escaliers, comme si on n’Ă©tait pas assez montĂ© aujourd’hui.

La porte d’entrĂ©e de Namche

Le lodge, de plus, est situĂ© tout en haut du village. Yam nous rassure en nous disant qu’ainsi, demain, nous aurons moins Ă  monter pour repartir .. Yam a toujours une bonne raison pour tout (LOL). N’empĂŞche que les centaines d’escaliers pour y accĂ©der sont interminables. Comme d’hab, le lodge est sympa, l’accueil est super, le proprio essaye mĂŞme de dire quelques mots en français. La vue est superbe, on voit tout Namche Bazaar et le Kongde sur le cotĂ©.

Ca monte dans Namche

A l’origine, et sans tenir compte du retard pris pour arriver Ă  Lukla, Namche Bazaar Ă©tait prĂ©vu pour ĂŞtre la journĂ©e d’acclimatation. C’est Ă  dire que nous Ă©tions censĂ©s passer une journĂ©e supplĂ©mentaire pour s’habituer Ă  l’altitude. Nous ne pourrons rester Ă  Namche qu’une seule nuit du fait du retard de notre vol Ramechhap-Lukla.

Yam dĂ©cide donc de partir de nous emmener faire une petite randonnĂ©e aux alentours de 3800m pour commencer Ă  nous habituer Ă  cette altitude. On part derrière le lodge et c’est parti pour 2 heures de randonnĂ©e avec immĂ©diatement, pour dĂ©marrer, une pente extrĂŞmement raide.

On est au dessus de Namche

La vue, au fur et Ă  mesure que l’on monte est superbe, les sommets se dĂ©couvrent par instant, les nuages jouent Ă  cache cache avec nos objectifs avides de superbes images. On aperçoit les premières neiges Ă©ternelles, nous donnant une idĂ©e de l’altitude. Demain nous arrivons Ă  Tengboche (3900m) et c’Ă©tait important de tester cette altitude avant l’heure.

Plus tard, nous redescendons dans Namche faire quelques petits achats avant de remonter prendre une bonne douche chaude (payante..400 roupies, 3 euros). Il n’est mĂŞme pas 8h30 quand nous rejoignons nos chambres, ça parait extrĂŞmement tĂ´t mais en trek, les levers sont Ă©galement très matinaux. Les nuits ne sont pas toujours faciles , le froid, les chiens qui aboient, les planches en guise de matelas, l’agitation dans les lodges et alentours etc.. bref, pour avoir un maximum d’heures de sommeil, il vit mieux se coucher tĂ´t . Les meilleures conditions mĂ©tĂ©os sont souvent le matin dans la montagne, voilĂ  pourquoi pendant ce trek, nous allons toujours partir relativement tĂ´t, pour arriver le plus vite possible dans l’après-midi. Demain nous attend une bonne journĂ©e avec une ascension finale vers Tengboche qui s’annonce terrible pendant 4,3 km

Ona un cabri dans l’Ă©quipe

21,7 km aujourd’hui, 28000 pas, l’Ă©quivalent de 285 Ă©tages , encore une bonne journĂ©e.

Mercredi 8 mai 2019

Namche Bazaar (3440)-Tengboche (3860)

 

3ème journĂ©e de trek..La route s’annonce longue aujourd’hui et elle le sera, 7h30 de marche sont prĂ©vues (je compte les pauses et les repas avec). Les premiers kilomètres sont plutĂ´t faciles, des faux-plats montants et descendants Ă  rĂ©pĂ©tition. Le temps est toujours au beau fixe, le soleil tape mĂŞme par instants, il faut absolument la casquette et les lunettes de soleil force 4. Nous sommes Ă©quipĂ©s pour ça, et Ă  Namche nous avons fini de complĂ©ter l’Ă©quipement. Le sentier est parfaitement balisĂ© et comme d’habitude, le paysage est improbable.

On commence Ă  apercevoir les premiers très hauts sommets et notamment l’Ama Dablam ( 6812m)  et le Lhotse (8516m), le 4ème plus haut sommet du monde, et bien sur l’Everest qu’on commence Ă  apercevoir au loin. C’est d’ailleurs la première vision que nous avons de notre sommet fĂ©tiche, on est scotchĂ©, plusieurs personnes du groupe ne l’avaient jamais vu, il est envoutant, magnifique, on se sent infiniment minuscule Ă  cotĂ© de lui. On comprend pourquoi. depuis des dĂ©cennies, des gĂ©nĂ©rations entières d’alpinistes ont cherchĂ© Ă  l’escalader et atteindre son sommet. On commence Ă  le mitrailler, la lumière n’est pas encore parfaite pour l’instant, la brume de beau temps le rend un peu flou. On aura l’occasion de toute façon de le voir de nombreuses autres fois, encore plus beau, encore plus majestueux.

On commence Ă  apercevoir Tengboche au loin, notre destination finale du jour, perchĂ© sur la montagne Ă  près de 4000m. Le problème est qu’il va falloir descendre jusqu’Ă  la rivière qui est dans la vallĂ©e avant la remontĂ©e infernale, annoncĂ©e comme une des parties les plus dures du trek. A mi-parcours, on s’arrĂŞte pour manger un morceau, on se prĂ©pare, on Ă©change les sacs, les plus costauds prennent les sacs des plus fatiguĂ©s, on soulage certains sacs des gourdes qui apparaissent lourdes Ă  prĂ©sent. Une gourde, c’est un kilo, le camel-back c’est deux kilos, quand ça devient difficile, ces quelques kilos apparaissent des tonnes. Et c’est parti pour la montĂ©e qui tue, 4km, 4 heures de montĂ©e, 1 km/heure de moyenne.

On finit par faire deux groupes mĂŞme si par moments, on se regroupe. On fait des pauses, on boit Ă©normĂ©ment. L’altitude commence vraiment Ă  se faire ressentir, on se rapproche de 4000m, l’oxygène se rarĂ©fie forcĂ©ment. On croise Ă©galement ceux qui descendent et qui sont plutĂ´t sur la fin du trek. Pas de pitiĂ©, il faut lever les genoux, il y a Ă©normĂ©ment de très hautes marches. Quand on croise les porteurs qui ont sur le dos des dizaines de kilos, on relativise, on se dit que finalement, on n’est pas si mal loti. Hier, nous avons tout de mĂŞme appris que certains porteurs portent jusqu’Ă  90 kgs!!!! C’est totalement incroyable et inhumain.

A 500m de l’arrivĂ©e, le groupe est reformĂ©, nous montons tranquillement pour finir d’arriver Ă  Tengboche, le village de Norgay Tensing, le premier Sherpa Ă  atteindre le sommet de l’Everest en compagnie de Edmund Hillary en 1953. Le village est perchĂ©, et de l’autre cotĂ© nous voyons Ă  nouveau la face sud de l’Everest. Dans le village se trouve Ă©galement un monastère bouddhiste tibĂ©tain. Nous finirons la journĂ©e un peu plus tard aux alentours de 4000 m, toujours cette fameuse acclimatation.

 

23 km aujourd’hui, presque 30000 pas, 7h30 de marche, encore une bonne journĂ©e.

Jeudi 9 mai 2019

Anniversaire de mariage: 27 ans

Tengboche (3860)- Dingboche (4410)

4ème journĂ©e de trek…Nous allons dĂ©passer 4000m aujourd’hui, c’est un grand jour pour la plupart d’entre nous. DĂ©part 7h30 de Tengboche, destination Dingboche (4410). Pour une fois, la nuit s’est super bien passĂ©e, d’une traite, sans se lever. Pour une fois, le dĂ©part est plutĂ´t facile, principalement de la descente, on en profite, ça ne durera pas. Le premier village qu’on traverse est Pangboche (3900), on se rapproche des 4000, un peu plus loin, nous sommes Ă  Shomare (4010), ça y est , nous avons passĂ© une première barrière symbolique. Et toujours la vue sur l’Ama Dablam que l’on reconnait entre mille, tout au long de notre parcours.

MĂŞme si le dĂ©nivelĂ© sera d’environ 500m aujourd’hui, il semble que les montĂ©es sont moins difficiles, plus longues mais moins raides. On retrouve nos habituels marcheurs avec qui on commence Ă  sympathiser, indiens, anglais, amĂ©ricains et d’autres qu’on ne connait pas spĂ©cialement mais qu’on finit par reconnaĂ®tre au fil des virages. Tout le monde a le mĂŞme objectif, tout le monde se dirige vers le mĂŞme endroit, il est donc logique de rencontrer les mĂŞmes trekkeurs. Les premières fatigues commencent Ă  se faire sentir, le souffle, les jambes, nous sommes au 4ème jour et forcement ça commence un peu Ă  coincer. On tient le coup, on baisse le rythme quand c’est nĂ©cessaire, on s’adapte Ă  l’altitude, on boit beaucoup d’eau ou du thĂ© conservĂ© dans les Thermos.

 

Vers 11h et quelques, mĂŞme s’il est encore tĂ´t, on dĂ©cide de s’arrĂŞter. Parfois, on n’a pas le choix des pauses, il n’y a pas des villages et des restaurants partout, et de toute façon, on avait dĂ©jĂ  pas mal avancĂ©. Le resto est tout petit, au milieu de nulle part, nous sommes Ă  Shomare, Ă  environ 2/3 du parcours. Petit endroit sympa tenu par un couple tout jeune et son bĂ©bĂ©, comme d’hab, très bon et très simple. Une de nos compagnes de trek commence Ă  avoir les premiers symptĂ´mes du Mal aigu des montagnes (le MAM). Yam dĂ©cide de rĂ©cupĂ©rer un des porteurs pour la ramener Ă  Lukla, Ă  l’ hĂ´pital. En fait, il n’ y a pas vraiment de traitement pour ça, il faut surtout descendre et le mal disparait. Nous ne sommes donc plus que 7. Le moral de l’Ă©quipe est malgrĂ© tout au beau fixe. Il ne reste plus que 1h30 pour arriver Ă  Dingboche. Nous arrivons dĂ©sormais Ă  un carrefour, d’un cotĂ©, plein nord, nous partons vers l’Everest, de l’autre cotĂ©, plein est on se dirige vers l’Island Peak (6129) mais ça, ça sera surement pour une autre fois. Un des membres qui est dĂ©jĂ  venu ici il y a 35 ans nous raconte que cela a Ă©normĂ©ment changĂ©, il ne reconnait plus l’endroit. Nous nous installons tranquillement mais auparavant nous partons acheter quelques gâteaux pour fĂŞter notre 27ème anniversaire de mariage.

Le lodge, comme d’habitude est rempli de nĂ©palais, amĂ©ricains, et quelques japonais qui ont l’air d’ĂŞtre arrivĂ©s ici en hĂ©licoptère. Il est encore tĂ´t dans l’après-midi, on en profite pour boire un bon chocolat chaud. La tempĂ©rature extĂ©rieure n’est pas trop basse malgrĂ© l’altitude Ă©levĂ©e. On en profite pour faire le point, le bilan au bout de 4 jours de marche, prendre connaissance de l’Ă©tat de santĂ© de chacun, soigner les petits bobos, et continuer Ă  s’adapter Ă  l’altitude. Dans l’ensemble, ça se passe plutĂ´t bien, Ă  part quelques petits maux de tĂŞte, inĂ©vitables. Certains membres du groupe sont partis faire un tour du village. Les Sherpas de tous les groupes sont lĂ  aussi, rĂ©unis et discutent de leur journĂ©e. L’ambiance est sympa, c’est aussi ce qu’on aime dans les lodges le soir en arrivant. On joue aux cartes, on boit un thĂ©, un cafĂ©, on consulte la carte pour le lendemain, on discute, on rigole, on adore ça.

On va rester deux nuits à Dingboche, on aura le temps le lendemain également pour quelques taches ménagères , un peu de rangement. Dans un trek comme celui-ci, on emporte le minimum et de temps en temps, il faut faire un peu de lessive.

Demain la journĂ©e sera plus cool mais nous irons tout de mĂŞme faire une randonnĂ©e dans les environs, histoire de prendre de l’altitude, mais vous connaissez le terme Ă  prĂ©sent, cela s’appelle l’acclimatation. A Namche Bazaar, nous n’avions pas eu le temps de la faire compte tenu de l’annulation de notre vol la veille. Nous sommes beaucoup plus haut Ă  prĂ©sent et cela devient plus important encore.

Lakhpa, notre Sherpa, chargĂ© tous les matins, midis et soirs de prendre les commandes pour les repas est fidèle au poste. Chacun a trouvĂ© Ă  peu près son menu Ă  prĂ©sent. Entre les pâtes, le riz, les diffĂ©rentes soupes, tout le monde semble avoir trouvĂ© son compte et ne change pas bien d’un jour Ă  l’autre. Plus tard, encore une petite partie de belote ou de coinche pour finir la journĂ©e et tout le monde part se blottir dans son duvet bien chaud. Je rappelle juste que les lodges, mĂŞme s’ils sont relativement confortables, il y a un lit (c’est dĂ©jĂ  ça!!), ne sont pas chauffĂ©s.

Journée relativement cool , 13,5 km, 19000 pas

A demain pour la journĂ©e d’acclimatation.

Vendredi 10 mai 2019

JournĂ©e d’acclimatation Ă  Dingboche

5ème journĂ©e de trek…Afin de prĂ©parer l’ascension de demain vers Lobuche qui culmine Ă  4900 m, nous allons trekker plein est en direction de Chhukhung (4730m) et la route de l’Island Peak qui est un sommet qui culmine Ă  6189 m.

Un jour, j’espère, nous espĂ©rons atteindre l’Imja Tse (son nom nĂ©palais), mais ceci sera une autre histoire qui j’espère apparaitra sur ce blog. Nous sommes Ă  5 km environ et 2h de marche du petit village de Chhukhung, point de passage vers l’est himalayen. On sort du village en ayant en point de mire le fameux Peak tout triangulaire.

Sur notre droite, tout au long du trajet, se trouve l’Ama Dablam (6900), majestueux, superbe et incroyablement reconnaissable avec sa forme toute pointue. Ce n’est pas forcĂ©ment la plus belle face que l’on aperçoit, moins enneigĂ©e, mais elle est tout de mĂŞme très spectaculaire. Le but de la journĂ©e est de monter Ă  nouveau en altitude, on commence tout de mĂŞme Ă  se rapprocher des 5000, peu d’entre nous sont dĂ©jĂ  allĂ©s si haut. Nous croisons peu de monde aujourd’hui, un australien, un chinois, quelques porteurs nĂ©palais comme d’habitude. La route n’est pas classique, ça n’est pas celle qui va vers Lobuche et le camp de base de l’Everest. C’est davantage celle qui va vers le camp de base de l’Island Peak qui est une ascension plus technique, moins classique que celle que nous empruntons. Quelques difficultĂ©s commencent Ă  se faire sentir. MĂŞme les plus jeunes du groupe commencent Ă  avoir mal Ă  la tĂŞte. Le petit village que nous atteignons est perdu au milieu de nulle part, il y a tout de mĂŞme un restaurant. Yam, après le repas ne nous laisse pas nous reposer. Nous repartons immĂ©diatement. Le temps du repas est censĂ© ĂŞtre suffisant pour s’habituer Ă  l’altitude.

La descente vers Dingboche s’est avĂ©rĂ©e plus difficile que prĂ©vue. Pascale s’est tordue la cheville, et avec JC se sont un peu perdus sur le retour. Au bout de 5, 6 jours de trek, il serait naturel qu’un peu de tension s’installe au sein du groupe, la fatigue, la douleur, le froid, l’altitude, la promiscuitĂ© mais la Team Everest 2019 est plus forte que tout ça, le groupe est soudĂ©. Nous sommes Ă  prĂ©sent tous de retour, nous avons tous besoin de repos et de dĂ©tente. Yam a des soucis avec le rapatriement de Geneviève Ă  Katmandou en hĂ©licoptère, qui a l’air de se confirmer. Probablement davantage un problème de colique nĂ©phrĂ©tique que l’altitude.

On en termine encore avec quelques taches mĂ©nagères, on range correctement nos sacs, demain, nous allons passer les 5000 et nous approchons du camp de base. C’est l’occasion de bien se prĂ©parer pour les deux dernières journĂ©es de montĂ©e, avant la redescente vers Lukla.

12 km aujourd’hui et 4h30 de marche.

 

Samedi 11 mai 2019

Dingboche (4410)-Lobuche (4910)

6ème jour de trek…On se rapproche un peu plus chaque jour du camp de base, les conditions deviennent de plus en plus difficiles, et encore, la mĂ©tĂ©o est toujours clĂ©mente. L’altitude, le froid, la fatigue accumulĂ©e commence tout doucement Ă  nous Ă©prouver. Le paysage commence Ă  changer, la vĂ©gĂ©tation disparait petit Ă  petit. Cela commence Ă  ressembler Ă  la steppe  mongole, aussi dĂ©sert mais plus accidentĂ© bien sĂ»r.

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DĂ©part toujours vers 7h30, on croise beaucoup de mules, de yaks qui descendent de la montagne et traversent les ponts suspendus. Les difficultĂ©s viendront plus tard, pour l’instant, c’est encore relativement facile. Vers 11h, nous arrivons Ă  Thokla (4620), on vient de traverser une rivière et des rochers Ă©normes. Le groupe tombe d’accord pour s’arrĂŞter et manger un morceau. Il nous reste encore 300 mètres de dĂ©nivelĂ© Ă  accomplir aujourd’hui et 3 heures de marche, il vaut mieux prendre quelques forces. On repart rapidement et d’emblĂ©e, la cĂ´te est raide. On aperçoit au loin, le chapelet en zigzag des trekkeurs.

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Nous faisons beaucoup de pauses, la montĂ©e est interminable, des virages, encore des virages, des cailloux, encore des cailloux. On double des marcheurs qui nous redoublent un peu plus tard quand on s’arrĂŞte pour s’abreuver et manger quelques barres cĂ©rĂ©alières. Les pas sont courts et lents mais ça avance tout de mĂŞme. Les sommets avoisinants sont de plus en pus impressionnants et ils nous dominent de toute leur puissance. Depuis aujourd’hui, le vent se fait plus fort et abaisse la tempĂ©rature. Les plus de 7000 et 8000 culminent Ă  prĂ©sent autour de nous.

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Ca pourrait presque devenir banal mais ça ne l’est pas, ça ne le sera jamais. On ne peut pas ĂŞtre blasĂ© par autant d’immensitĂ©, de beautĂ©. On s’habille de plus en plus, on a Ă  prĂ©sent sorti le coupe-vent, au dessus de la doudoune et de la polaire. Et bien sĂ»r, les gants et le bonnet. On arrive Ă  un col situĂ© comme par hasard Ă  4807 m, la hauteur du Mont-Blanc, et Ă  partir de lĂ , ça se calme un peu au niveau de la pente, il ne nous reste plus que 100 m de dĂ©nivelĂ© pour finir d’arriver. Pas de raison qu’on n’y arrive pas. On croise pas mal de yaks, il faut surtout se mettre sur le cotĂ© et pas du cotĂ© du ravin.

On commence Ă  voir les premiers toits de Lobuche, quelques maisons, quelques lodges perdus au milieu des immenses montagnes.

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Finalement, quand on rĂ©flĂ©chit un peu, le but ultime du trek, Ă  savoir le camp de base, n’est pas le plus important. Les paysages, et tout ce que l’on vit depuis une semaine est bien plus interessant. Nous avons traversĂ© d’innombrables dĂ©cors irrĂ©els, nous avons affrontĂ© nos souffrances, vĂ©cu une expĂ©rience de groupe formidable qui est encore loin d’ĂŞtre finie et c’est cela, finalement le plus important.

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Devant nous se trouve le Nuptse (7861m), un satellite de l’Everest, qui signifie « sommet de l’ouest » en tibĂ©tain. On y arrive, on s’installe, les chambres sont glaciales, on est Ă  4910 m. Yam nous avait prĂ©venu, plus on montera, et plus il fera froid dans les lodges. Les « vitres » en plexiglas ne sont pas idĂ©ales pour garantir une bonne isolation!! Jamais notre duvet Ă  -26 n’aura Ă©tĂ© aussi utile.

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La journĂ©e (de marche) n’est pas encore terminĂ©e, toujours et encore un peu d’acclimatation pour terminer la journĂ©e, et pour prĂ©parer la journĂ©e du lendemain. On monte avec Lakhpa, notre Sherpa sur une petite colline avoisinante, Ă  presque 5000, mais pas complètement , on rĂ©serve ça pour demain. La vue est magnifique, on commence Ă  voir Gorak Shep, ou nous serons demain soir, ainsi qu’un petit bout du camp de base, avec ses tentes jaune et orange. Sous le Pumori (7161) juste Ă  cotĂ© de Lobuche se trouve le Kala Pathar (5630) que nous allons gravir dans deux jours. On reste un bon petit moment Ă  admirer la vue, tant c’est beau, reposant, apaisant. Et on se sent très humble…dans deux jours nous y serons tout lĂ  haut. Tout de mĂŞme, il ne fait pas très chaud, il nous faut redescendre pour se reposer un peu. Les moments de relâchement et de dĂ©tente sont de plus en plus calculĂ©s au fur et Ă  mesure que l’on grimpe. Tout ce qui parait insignifiant dans la plaine devient dĂ©mesurĂ© au fur et Ă  mesure que l’altitude augmente. Chaque kilo supplĂ©mentaire sur le dos, chaque minute d’effort en plus ou de repos en moins se paye comptant et on calcule tout ça.

Le lodge de Lobuche est bien rempli ce soir, l’ambiance est toujours aussi sympa, les anglo-saxons, les japonais mangent plus tĂ´t que nous, parfois avant 18h. Nous aimons nous rassembler le soir, discuter de la journĂ©e, faire le point, parler du lendemain. Yam nous explique un peu ce que nous allons vivre demain, jour de l’Everest Base Camp, qui est Ă  prĂ©sent Ă  portĂ©e de marche. on a fait le plus dur.

Le repas est comme d’habitude, Chowmein, Sherpa soup, mixed fried rice. Tout ce qu’il faut pour prendre des forces pour le lendemain, oĂą pour la première fois, la majoritĂ© d’entre nous va dĂ©passer 5000m. On est dans l’Himalaya, ici, cela peut paraitre banal mais ça ne l’est pas. Fort heureusement, personne dans le groupe, Ă  ce jour, n’a l’air de souffrir du mal des montagnes, tout le monde rĂ©siste bien et c’est gĂ©nial.  Quelques petites bronchites ne vont certainement pas entamer notre determination.

A demain, au dessus de 5000

14km aujourd’hui et 20000 pas

Dimanche 12 mai 2019

Lobuche (4910)-GorakShep (5140)

7ème journĂ©e de trek…Grande journĂ©e aujourd’hui, , le « but » de notre trek arrive enfin, le fameux EBC comme on dit ici, nous on dit le camp de base de l’Everest. On a dĂ©jĂ  vĂ©cu une semaine formidable, le dernier jour d’ascension ne pourra pas ĂŞtre beaucoup mieux de toute façon. DĂ©part comme d’habitude Ă  7h30 de notre lodge, nous nous dirigeons vers Gorak Shep (5140) qui sert de base pour aller visiter l’EBC ainsi que l’ascension vers le sommet du Kala Pathar. Nous sommes Ă  prĂ©sent dans notre dernière phase de montĂ©e, Ă  partir de demain, nous allons redescendre pour rejoindre Lukla puis Katmandou. Il fait toujours aussi beau, nous aurons vraiment eu beaucoup de chance au cours de ce trek. Nous sommes Ă  prĂ©sent impatients d’arriver Ă  Gorak Shep, pour plusieurs raisons. La première est bien entendu le passage des 5000 que la plupart d’entre nous vont franchir pour la première fois. C’est bien entendu une altitude symbolique pour nous, europĂ©ens. La montĂ©e finale vers Gorak Shep n’est pas trop difficile, tout le monde y arrive bien, l’ambiance est bonne, les quelques petits des soucis des jours prĂ©cĂ©dents (bronchite, entorse de cheville , petits maux de tĂŞte) s’estompent progressivement, heureusement.

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Le lodge est dĂ©jĂ  bien rempli, nous ne sommes pas les seuls bien sĂ»r Ă  vouloir accĂ©der au camp de base et au Kala Pathar. On s’installe dans des chambres qui sont encore plus glaciales que d’habitude et qui ressemblent de plus en plus Ă  des placards ..nous n’y reviendrons que pour se rĂ©fugier dans nos duvets bien chauds, tout habillĂ©, de pied en cap!!

Le camp de base