Le trek du camp de base…par la Team Everest 2019

 

1er mai 2019 

Départ au Népal

C’est parti pour notre voyage au Népal, réveil matinal ce 1er mai 2019, il est 4 heures du matin, la nuit a été courte car notre avion au départ de Clermont pour Katmandou, via Paris Abu Dhabi et New-Delhi, décolle à 7h30. Il est 6h30 quand nous débarquons dans l’aéroport Auvergnat. La Team Everest 2019 presque au complet,  est réunie en attente d’enregistrer les bagages jusqu’à New-Delhi. A ce moment, nous ne savions pas encore que c’était une formalité inutile mais ceci est une autre histoire que je vous narrerai bientôt!! Nous aurions du pourtant nous douter quelques instants plus tard que la journée allait être compliquée quand le commandant de Bord du Clermont-Paris CDG nous annonce que le vol est retardé à cause du brouillard qui a envahi l’aéroport parisien, alors qu’à Clermont, le ciel est magnifiquement bleu.

Quand on sait que le timing est à ce moment là plutôt serré entre l’atterrissage à Paris et le décollage pour Abu Dhabi , on commence à se faire un peu de souci. La aussi, inutile de se faire davantage de tracas quand on connait la suite!! Le pilote bombarde pour rattraper le temps perdu et grâce au taxi commandé quelques jours plus tôt pour effectuer le trajet entre le terminal 2G et 2C, nous arrivons à l’heure, pour en théorie embarquer à bord du magnifique A380 de la compagnie nationale émirate ETIHAD. Et là, patatras, c’est la douche froide, les employés de la compagnie qui nous ont vu venir, nous interdisent l’accès à bord de l’avion car nous n’avons pas de visa pour l’Inde (qui est notre destination après Abu Dhabi). Nous ne faisons pourtant que transiter par New Delhi un peu plus tard, récupérer nos bagages pour les réenregistrer sur le vol de Katmandu. Nous apprenons que nos bagages vont transiter en fait par la zone nationale et non internationale et de ce fait, nous avons besoin d’un visa…incroyable mais vrai!!

Dans un premier temps, c’est l’abattement, certains ont même l’idée de tout abandonner et de rentrer à la maison. Ce n’est certainement pas ce que l’on va faire. D’abord on discute, on parlemente pour essayer de comprendre ce qui s’est passé. A partir du moment ou à Delhi, on change de compagnie (on passe d’ETIHAD à Air India), il est indispensable de se procurer un e-visa à 80 dollars!!! Même pour ne rester que quelques heures à l’aéroport…mélange de tristesse, de colère et de déception mais une grande volonté de rebondir. Après toutes ces années de voyage, on en apprend encore tous les jours.

Et là commence un long parcours semé d’embuches pour essayer de récupérer des billets pour Katmandou. La solution d’ETIHAD qui consister à reporter notre vol au lendemain soir, avec de surcroit une majoration du prix de nos billets, ne nous convient pas du tout. Il faut absolument trouver une autre solution. En fouillant sur « Kayak », nous trouvons des vols disponibles sur la Turkish en passant par Istanboul. Ni une, ni deux nous achetons les vols, il sera toujours temps de voir ce que l’on fait avec les vols d’ETIHAD. La priorité aujourd’hui est d’arriver à Katmandou; quelque soit la compagnie ou l’escale. Heureusement il reste 6 places. Tant pis pour l’Inde et Delhi, nous n’avions pas prévu de toute façon de visiter ce grand et beau pays, cela sera pour une autre fois.

Nous récupérons nos bagages, un peu d’attente, un peu de repos, un peu de collation et nous voilà enfin partis pour Katmandou, via la capitale turque et son aéroport gigantesque tout neuf, bientôt le plus grand aéroport du monde avec un futur trafic estimé à 200 millions de passager par an. 3 heures plus tard, nous y sommes et admirons l’architecture incroyable  de cet aéroport inauguré 3 semaines plus tôt. Encore une nuit de vol et nous serons enfin au Népal ou nous attendent Yam notre guide et Alysée, arrivée une journée plus tôt de Nouvelle-Zélande.

Suite au prochain épisode.

 

Jeudi 2 mai 2019

Arrivée à Katmandou

Atterrissage à Katmandou 10h30, police, récupération des bagages, il est plus de midi quand nous retrouvons Yam le guide et Alysée (notre fille) que nous n’avions pas vue depuis la NZ quelques mois auparavant. Présentations, retrouvailles, le moment est émouvant, nous recevons nos colliers de fleurs de safran et rejoignons notre minibus et notre chauffeur, le bus est flambant neuf, cela commence bien.

Quelques instants plus tard, nous sommes déjà immergés dans les petites ruelles bondées et bruyantes de Katmandu…pour nos compagnons de voyage, c’est l’hallucination totale, le dépaysement le plus extrême. Nous finissons par arriver à notre hôtel, le Nepalaya dans le très sympa quartier de Thamel.

 

Rapidement nous prenons nos aises, on pose les valises, on s’installe à peine et partons rejoindre Sushi (la femme de Yam) et ses élèves: 45 petits bouts de chou, dont 25 restent en internat chez elle. Toutes ces petites frimousses adorables qui nous demandent notre nom, qui nous offrent des écharpes, c’est trop mignon. On prend Sushi dans nos bras, cela fait deux ans que l’on ne l’avait pas vue, ça fait tellement plaisir de la revoir et surtout de voir ce qu’est devenue son école. Elle nous a préparés un petit en-cas, chapati et curry avec du riz: délicieux.

Yam toujours aussi méticuleux et organisé, mais dans le zen le plus total, nous propose de commencer les visites. Aujourd’hui ce sera Swayambonath (le temple aux singes) et les 3 bouddhas d’Or..

c’est tout près de l’école. Nous l’avions déjà vu il ya deux ans mais c’est un toujours plaisir de le revoir. Nous ne le savons pas encore mais pour aller dans ce temple, nous devons attaquer notre première série  d’escaliers et de dénivelés, et ceci avant le trek. Au Népal, il faut toujours monter quelque part (et descendre bien sûr)..

La vue de Katmandu, depuis Swayambonath, est magnifique, impressionnante.

Quelques marchands tentent de nous vendre quelques bols tibétains, nous attaquons seulement notre voyage, on verra ça plus tard. Nous terminons la journée sur la terrasse de l’hôtel avec un bon petit repas classiquement népalais, mo-mos, chowmein etc.. on ne traine pas, tout le monde semble décidé à rejoindre ses pénates, la journée a été longue, et celle de demain le sera tout autant.

La suite au prochain épisode

 

Vendredi 3 mai 2019

Visite de Katmandou

Tout le monde a bien récupéré, certains ont même oublié de se réveiller ce matin, pour le p’tit déj. Pas grave, on n’a pas encore commencé le trek et il faut pour l’instant absorber la fatigue du voyage, du décalage horaire et des quelques petits soucis du départ.

Départ pour Pashupatinath ce matin, un lieu sacré pour les hindous, là ou, entre autres, on brule les corps qui finissent en cendres dans le Gange, en Inde.

L’équipe au complet avec les sadus

En attendant, un nouveau souci doit absolument être réglé , comment gérer le retour en France si on n’obtient pas de visa pour l’Inde. Le même problème qu’à l’aller apparaîtra, étant donné que nous sommes censés repasser par New Delhi. La procédure appelée « e-visa » est assez complexe et longue. Grace à l’aide de Yam, nous nous dirigeons vers l’ambassade de l’Inde ou nous espérons régler le problème. Devant la complexité des procédures et les problèmes d’emploi du temps, nous décidons de nous rendre dans une petite échoppe juste à coté, dans une espèce de petit boui-boui qui ne paye pas de mine, et qui nous propose de réaliser les e-visas en deux temps, trois mouvements (moyennant 3000 roupies=24 euros). On prend quelques photos de nous, on remplit des formulaires, et tout est bouclé en un temps record. Le proprio des lieux nous assure que nous aurons nos visas avant dimanche..et il aura raison, le lendemain un mail nous rassurait tous et nous assurait de ce fait d’un retour par l’Inde avec la compagnie ETIHAD, via New Delhi et Abu Dhabi, ce que nous aurions du faire à l’aller. Ouf, une bonne chose de faite.

C’est l’esprit tranquille que nous partons pour Bodnath, le plus fameux des Stupas boudhistes au coeur de Katmandou. Nous l’avions également vu il ya deux ans mais décidément, on ne se lasse jamais de ces monuments dédiés à Buddha. Il est de plus situé dans un quartier très sympa avec de magnifiques maisons anciennes tout autour. L’endroit est reposant, délassant même si évidemment, il y a pas mal de touristes…dont on fait partie bien sur.

Bodnath

suite au prochain épisode

 

Samedi 4 mai 2019

Départ pour l’aéroport de Ramechhap

Départ de Katmandou

Quelques images de Katmandou

Faut le voir pour le croire…

Départ aujourd’hui pour Ramechhap, à 150 km de Katmandou , c’est là que l’on doit prendre l’avion qui nous amènera à Lukla (2800m), lieu de départ du trek.

Départ de l’hôtel

L’aéroport de Katmandou étant fermé le matin pour cause de travaux, nous sommes de ce fait obligés de nous rendre dans cette province de l’est du Nepal ou se trouve un petit aérodrome, avec une piste minuscule de 500 m. La route pour s’y rendre est conforme à ce que l’on connaissait déjà, sinueuse , trouée voire défoncée, beaucoup de camions, de bus, de motos et toutes sortes de véhicules qui se croisent, se doublent n’importe ou, n’importe comment. Elle est pittoresque également et franchement c’est déjà un peu l’aventure. Ca serait presque drôle, si ça n’était pas parfois dangereux . Après une petite pause casse-croute, on finit par y arriver quand même, au bout de 5 heures, pas trop mal!!. Le village ou se trouve l’aéroport (si l’on peut l’appeler ainsi) s’appelle Manthali, village caractéristique népalais ou règne un certain chaos et ou les pauvres routes sont encore plus défoncées qu’ailleurs.

Arrivée à Manthali (Ramechhap)

L’aventure commence, l’hôtel n’a pas de fenêtres donnant sur l’extérieur, la salle de bains n’a pas de lavabo (???), les matelas ne sont qu’une planche, pas grave…après tout, on a signé pour en baver, autant que ça commence tout de suite!! Le repas est très bon et on fait encore un petit tour de village, histoire de bien s’abrutir.

Petite promenade dans Manthali (Ramechhap)

Malgré la chaleur, le bruit et le ventilateur, nous essayons de nous endormir..l’aéroport est tout prêt de l’hôtel, on pourra peut-être dormir un peu plus longtemps. Le trek est censé commencer dès demain à l’arrivée de l’avion à Lukla, village accessible uniquement par les airs. D’habitude je ne suis pas fan des boules Quies mais ce soir ça sera obligatoire, il y a de l’ambiance dans l’hôtel..et aux alentours.

On vient d’arriver à Manthali

Le jour tombe sur Manthali

accueil trop mignon à Manthali

Suite demain au prochain épisode

 

Dimanche 5 mai 2019

Faux-départ pour Lukla

Réveil ce matin à 5h45, c’est le grand jour, enfin c’est ce qu’on croyait…voilà maintenant 3 jours que nous sommes arrivés au Népal, après de nombreuses péripéties, problème de visa avec l’Inde etc…La nuit a été plutôt courte. Nous étions arrivés la veille au soir à Ramechhap, après 150 km de routes (si on peut les qualifier ainsi!) depuis Katmandou.

Le lodge en plein centre du village est sympa, même s’il est un peu bruyant. On a eu un peu de mal à s’endormir sur nos matelas qui ressemblaient plutôt à une planche. On se réveille vers 5 heures quand le personnel de l’hôtel commence à faire le ménage à grands coups de seaux, de musique, de portes qui claquent et de grands cris dans le couloir. Pas grave, on est en vacances et de toute façon, il faut se lever tôt.

Départ du Lodge ce matin vers 6h45, notre avion est censé décoller vers 8h00. L’aéroport n’est pas très loin, notre taxi ne mettra que quelques minutes pour s’y rendre, même si l’arrivée est un peu chaotique et la route complètement défoncée.

Arrivée à l’aéroport de Ramechhap

Les avions qui font la navette entre Ramechhap et Lukla sont des petits avions 14 places, bimoteurs.Il ya un monde fou devant l’aéroport. Des tas de sacs entreposés partout, des personnes affalées et couchées partout.

Il y d’autres trekkeurs qui sont arrivés avant nous!!

On découvre alors que les vols pour Lukla sont pour l’instant reportés pour cause de météo difficile. , plafond trop bas, couverture nuageuse trop importante. Il va donc falloir attendre, mais combien de temps, nous n’en avons aucune idée..On scrute le ciel, on va à la pêche aux infos et on patiente. Après tout, nous sommes au Népal, et ici personne ne s’affole jamais, tout le monde reste zen. Certains jouent aux cartes, d’autres lisent, consultent leur téléphone, discutent ou font des connaissances..sans trop savoir ce qui nous attend.

 

 

On joue au cartes, on fait des connaissances, on dort, on attend

Yam, Nath et Alysée passent le temps

Franchement, depuis notre départ de France, ça n’a pas été facile de prendre l’avion, cette fois ci, c’est un problème météo.

Vers 9h30, les choses semblent s’arranger, on perçoit un mouvement de foule, c’est bon signe. En plus, on commence à peser les bagages (on a droit à 10kg en soute et 5 en cabine).

Nos bagages ont été pesés…pour rien

Malheureusement nous ne sommes pas les premiers à prendre l’avion, des trekkeurs attendent leur avion depuis 6 heures. Certains sont même venus depuis Katmandou et ont fait du bus toute la nuit. Tant qu’un avion n’est pas parti, on n’est pas totalement rassurés mais ça se présente bien. Ca y est, nous avons nos cartes d’embarquement, reste le contrôle des bagages, à l’ancienne..notre beau sac qu’on avait bien emballé ce matin est mis sens dessus-dessous. Reste encore le poste de sécurité avant de nous retrouver en porte d’embarquement. Ne cherchez pas de numéro à la porte, il n’y en a pas. Quelques chaises tout de même et des gens assis par terre, la piste et les avions juste devant nous.

La porte d’embarquement

Les avions verts, ces sont les nôtres

Et là, recommence une longue attente…avec un soupçon d’organisation à la népalaise. Personne ne nous dit rien, des tas de bagages passent devant nous, atterrissent sur le tarmac et attendent d’être introduits dans une soute.

Le temps parait beau pourtant

3 avions de la Tara, notre compagnie, sont déjà revenus de Lukla et pourtant, personne ne bouge. De quoi éprouver la patience de nos compagnons et de tous les passagers en attente de gravir l’Himalaya.

La tour de contrôle

Si, si, on est bien à l’aéroport

Au fur et à mesure que les heures passent, on commence à se dire qu’on ne partira pas. Quelques avions sont tout de même partis, au compte goutte, quand une éclaircie sur Lukla se présente.

On a cru qu’on embarquerait à bord de cet avion

A 17 heures, le couperet tombe, tous les vols sont annulés..nous avons tout de même attendu dix longues heures pour rien, dans ce minuscule aéroport à l’allure d’un marché de campagne.

Pas de pilote aujourd’hui

Retour à la case départ, autrement dit à l’hôtel, ou nous étions arrivés la veille. Dans un premier temps, c’est un peu la déception, mais on reste positifs, la météo pour le lendemain s’annonce bonne, ensoleillée, même si avec la montagne, on ne peut jamais savoir. Un bon repas, une bonne remotivation, quelques blagues et c’est reparti pour un tour. Demain matin, ça sera encore plus tôt, lever 4h15 pour être à l’aéroport à 5h30 et un vol espéré à 6h, mais ceci est une autre histoire.

Les camions de kerozene sont sympas

on s’est demandé comment des bagages n’étaient pas perdus

 

 

Retour à l’hôtel, Thomas en profite pour se faire faire une petite coupe

A demain pour le début du trek, c’est certain.

 

Lundi 6 mai 2019

 

Arrivée à Lukla (2840) et Lukla-Monjo (2835)

 

1er jour de trek...Lever super tôt ce matin, comme prévu à 4h15, tout le monde est sur le pont, prêts à en découdre avec ce maudit avion qui n’a pas voulu décoller hier . Nous sommes à l’aéroport à 5h00 et c’est reparti pour une nouvelle attente.

On continue d’attendre

7h et toujours pas d’avion qui décolle, et pourtant, la météo a l’air magnifique, idéale, ciel bleu, température parfaite. A Lukla ça n’est surement pas pareil. Bonne nouvelle, aux alentours de 7h et quelques, un agent de la Tara commence à arriver. Débarque également un pilote, ça devient bon. Quand on nous annonce que le vol va avoir lieu prochainement, on ose à peine y croire. Le seul petit problème est que nous ne sommes pas tous les 8 dans le même avion. Le vol dure à peine une vingtaine de minutes, au milieu des montagnes. Le temps en altitude s’est amélioré apparemment, tous les vols auront bien lieu. Nath, Pascale, Geneviève et moi sommes dans le même vol. Le vol est superbe, nous commençons à voir les neiges éternelles. L’atterrissage est très impressionnant face à la montagne, le poser est un peu brutal mais nous sommes ravis d’être arrivés à Lukla (2850m), enfin.

C’est là qu’on s’est posé!!!

On attend à présent la suite de l’équipe qui doit arriver avec le 3ème vol. Nous sommes impatients à présent d’être tous réunis, d’autres vols issus d’autres compagnies arrivent, la Summit et Sita mais pas encore de Tara, les avions verts. Nos 3 compères et Yam, le guide arrivent enfin.

La deuxième équipe est arrivée…mais pas le sac d’Alysée et Thomas

On est content de les voir débarquer..

Mais comme tous les jours depuis qu’on est parti, un petit problème survient. Cette fois ci, c’est un problème de sac. Celui d’Alysée et Thomas n’est pas arrivé en même temps que leur avion. Et à nouveau va commencer une longue attente, un peu d’agacement aussi, ça commence à faire beaucoup de tracasseries en quelques jours. Heureusement Yam est là pour tout arranger, à coup d’appels téléphoniques et de négociations avec le responsable de l’aéroport…à la népalaise. Quelques vols plus tard, le sac arrive enfin, c’est bientôt le départ du trek. Nous faisons connaissons avec Lakhpa notre jeune Sherpa de 19 ans, avec les porteurs aussi qui commencent à installer nos sacs sur leurs dos. On est dans les starting-blocks à présent, prêts à en découdre avec l’Himalaya.

Notre Sherpa avec ses petites jambes et sa grande fréquence nous fait comprendre que le rythme va être soutenu. On voit qu’il a l’oeil, il regarde en arrière en permanence pour vérifier si tout le monde suit. Premier arrêt, quelques centaines de mètres plus loin, nous faisons un stop au poste de police pour payer une taxe municipale, Yam s’en occupe. On avance doucement et déjà le paysage commence à être fantastique. Les premières pentes commencent à apparaitre, les descentes aussi. On traverse des villages incroyables, super mignons, plein de couleurs.

C’est parti

rapidement, on commence à voir les premiers sommets

Les toits de Lukla

 

On croise des touristes comme nous dans les deux sens. Le chemin caillouteux et sinueux est super beau, le temps est magnifique, nous avons beaucoup de chance. On fait pas mal de pauses. Lakhpa sait parfaitement quand il est temps de s’arrêter pour que les plus agités attendent les moins rapides. On voit de tout, des cascades, des torrents, des falaises, on est presque à 2800m et pourtant la végétation est encore bien présente. On croise également des mules des yaks qui descendent de la montagne à vide, des porteurs aussi qui ont sur leur dos des objets incroyables, des planches, des tubes métalliques, de la nourriture, des bouteilles de gaz.

Les mêmes sacs sont le plus souvent à sur le dos des porteurs

Ils en bavent vraiment

 

En attendant, notre Sherpa mène bon train, on voit qu’il connaît la montagne par coeur, et tous ses coins et recoins. Il croise ses compatriotes sherpas qu’il connait également. Lakhpa vient de passer son « BAC » et compte rentrer à l’université à la rentrée.. Ca nous fait bizarre de l’imaginer bientôt à Katmandou au milieu du chaos de cette ville incroyablement agitée.

A midi, petite pause repas à Phakding (2630 m)  après être passé par Talshaora (2678m), Chheplung (2660m) et Nurning (2592m) ..on est plutôt sur la descente même si par moments, ça monte très raide.

Pause repas à Phakding

En principe, le premier soir, nous aurions du nous arrêter pour dormir dans ce village (Phakding) mais comme nous avons pris du retard à cause de l’avion de Lukla, nous décidons d’aller plus loin, au moins jusqu’à Monjo (2835m). Pour l’instant, nous en sommes déjà à 3H30 de marche, il nous reste au moins 3h pour finir d’arriver. Yam, en accord avec le Sherpa et les porteurs décident de continuer, on est tous d’accord. Pas facile de repartir après le repas, les muscles se sont un peu refroidis, les jambes enraidies, il ne faut pas trop s’attarder pour reprendre le chemin, conseil de Yam, on râle un peu mais on y va.

C’est reparti..

On n’est pas encore vraiment habitué à l’altitude, encore faible pourtant par rapport à ce qui nous attend dans les prochains jours, mais ce qui est le plus difficile, ce sont les raidillons qui durent et qui durent, avec des marches hyper hautes qui obligent a lever les genoux très hauts.

Il va y en avoir des milliers, des montées comme celle-ci!!!

 

Il fait toujours aussi beau et bon et malgré l’altitude, on est pratiquement en t-shirt, lunettes de soleil force 4 obligatoires. Les paysages défilent et sont toujours aussi merveilleux. On traverse des ponts suspendus immenses, des petits villages rustiques mais sympas..des gens habitent là, ç’est ça qui nous épate le plus tant l’isolement est incroyable. Il faut tout de mêmes des heures de marche pour accéder à ces endroits. On se demande de quoi ils vivent, ils ont un peu de terrain, du jardin et proposent des lodges, des petits restos, mais hors saison, que font-ils?

On adore les ponts suspendus

les népalais appellent ça un yéti

Priorité aux mules

 

On finit par arriver à Monjo (2835m), qui n’est pas plus haut que Lukla, notre trek d’aujourd’hui ne nous a pas permis de prendre du dénivelé, et pourtant il va bien falloir monter un moment donné, les jours suivants s’annoncent encore plus difficiles.

Le lodge est super sympa, on retrouve les trekkeurs avec lesquels on avait passé du temps à attendre à l’aéroport de Ramechhap. C’est notre première nuit sur notre route vers le camp de base, on découvre l’univers du trek de haute montagne , on est émerveillés. Repas sympa avec le groupe, petite bière « Everest » pour fêter le début de notre expédition. On découvre aussi notre chambre froide, et oui, pas de chauffage dans les lodges, il faut utiliser le sac de couchage à -26, prévu à cet effet. Nous sommes presque à 2900m, les nuits commencent à être fraiches. On ne traine pas pour s’endormir, avec le bonnet bien sûr, demain nous attend une grosse journée, nous allons rejoindre Namche Bazaar, la capitale des Sherpas, nous allons monter de plus de 500m et atteindre 3440m. Nous avons parcouru 17km aujourd’hui et 7h30 de marche, bonne première journée.

A demain.

 

Mardi 7 mai 2019

Monjo (2835)-Namche Bazaar (3440)

2ème journée de trek, nous démarrons de Monjo (2835m) vers 8h pour rejoindre Namche Bazaar aujourd’hui, la capitale des Sherpas à 3440m, point de départ de beaucoup d’expéditions dans l’est de l’Himalaya. Presque 500m de dénivelé nous attendent au programme. Nous allons rentrer dans le fameux parc de Sagarmatha (Everest en népalais) et enfin obtenir notre permis de trek.

L’équipe est motivée, la fatigue d’hier soir semble s’être estompée, tout le monde est prêt à repartir à l’assaut de la plus haute montagne du monde. Le temps est superbe, pas trop froid, certains membres de l’équipe partent même en short, avec juste une petite polaire en haut pour ne pas prendre froid à la poitrine.

 

On comprend rapidement que la montée vers Namche à près de 3500m va être raide, beaucoup de marches extrêmement hautes augmentent la difficulté de l’épreuve du jour.

Les premiers raidillons

Le Sherpa a compris qu’il fallait faire davantage de pauses, on double quelques compatriotes rencontrés au lodge précédent, on fait des arrêts dus aux défilés des innombrables mules que l’on croise et qui comme nous, ont commencé leur journée, chargées comme des…mules, bien entendu. Elles prennent de la place sur les chemins que l’on emprunte, il faut bien se « garer » coté rocher car elles ne s’arrêtent pas et risquent même de nous balancer dans le ravin.

Nos copines de trek

Les montées sont interminables, même pas un petit faux-plat por nous « reposer », que de la montée, encore de la montée. Il ne faut pas regarder trop devant soi, psychologiquement c’est trop dur..plutôt regarder ses pieds, surveiller le chemin, les pierres, les trous et avancer tranquillement à son rythme. Certains veulent savoir à quelle altitude on se trouve, d’autant non pour ne pas se faire de mal. Quand on surveille l’altimètre pourtant, ça ne monte pas vite , 3000, 3100, 3200, 3300, on se rapproche de Namche la fameuse. Avant d’y arriver, on présente à un énième check-point notre permis de Trek, les népalais ne ratent rien, ni personne!!

d’autres copines

La première impression de la capitale des Sherpas est extraordinaire, des maisons en terrasse, dans un en demi arc-de-cercle avec des toits bleus et verts, entourée de sommets impressionnants, et notamment le Kongde (6189 m) d’un coté et le Thamserku (6618m) de l’autre.

On est arrivé à Namche Bazaar

Nous sommes certes encore loin des 8000 mais déjà, ça nous impressionne. Pour nous, simples européens, pour qui 4807 est un maximum, nous vivons nos premiers 6000, et ça n’est pas fini. A l’entrée de Namche Bazaar se trouve la statue de la première népalaise Sherpa(ni) qui a atteint le sommet de l’Everest et qui malheureusement est décédée en 2007 suite à une chute au delà des 8000. Le village est super mignon, typique et de plus on y trouve de tout pour les trekkeurs, des vêtements, du matériel . Certes, c’est un brin touristique par moments mais c’est sympa tout de même. Le village est très escarpé, encore des innombrables escaliers, comme si on n’était pas assez monté aujourd’hui.

La porte d’entrée de Namche

Le lodge, de plus, est situé tout en haut du village. Yam nous rassure en nous disant qu’ainsi, demain, nous aurons moins à monter pour repartir .. Yam a toujours une bonne raison pour tout (LOL). N’empêche que les centaines d’escaliers pour y accéder sont interminables. Comme d’hab, le lodge est sympa, l’accueil est super, le proprio essaye même de dire quelques mots en français. La vue est superbe, on voit tout Namche Bazaar et le Kongde sur le coté.

Ca monte dans Namche

A l’origine, et sans tenir compte du retard pris pour arriver à Lukla, Namche Bazaar était prévu pour être la journée d’acclimatation. C’est à dire que nous étions censés passer une journée supplémentaire pour s’habituer à l’altitude. Nous ne pourrons rester à Namche qu’une seule nuit du fait du retard de notre vol Ramechhap-Lukla.

Yam décide donc de partir de nous emmener faire une petite randonnée aux alentours de 3800m pour commencer à nous habituer à cette altitude. On part derrière le lodge et c’est parti pour 2 heures de randonnée avec immédiatement, pour démarrer, une pente extrêmement raide.

On est au dessus de Namche

La vue, au fur et à mesure que l’on monte est superbe, les sommets se découvrent par instant, les nuages jouent à cache cache avec nos objectifs avides de superbes images. On aperçoit les premières neiges éternelles, nous donnant une idée de l’altitude. Demain nous arrivons à Tengboche (3900m) et c’était important de tester cette altitude avant l’heure.

Plus tard, nous redescendons dans Namche faire quelques petits achats avant de remonter prendre une bonne douche chaude (payante..400 roupies, 3 euros). Il n’est même pas 8h30 quand nous rejoignons nos chambres, ça parait extrêmement tôt mais en trek, les levers sont également très matinaux. Les nuits ne sont pas toujours faciles , le froid, les chiens qui aboient, les planches en guise de matelas, l’agitation dans les lodges et alentours etc.. bref, pour avoir un maximum d’heures de sommeil, il vit mieux se coucher tôt . Les meilleures conditions météos sont souvent le matin dans la montagne, voilà pourquoi pendant ce trek, nous allons toujours partir relativement tôt, pour arriver le plus vite possible dans l’après-midi. Demain nous attend une bonne journée avec une ascension finale vers Tengboche qui s’annonce terrible pendant 4,3 km

Ona un cabri dans l’équipe

21,7 km aujourd’hui, 28000 pas, l’équivalent de 285 étages , encore une bonne journée.

 

Mercredi 8 mai 2019

Namche Bazaar (3440)-Tengboche (3860)

 

3ème journée de trek..La route s’annonce longue aujourd’hui et elle le sera, 7h30 de marche sont prévues (je compte les pauses et les repas avec). Les premiers kilomètres sont plutôt faciles, des faux-plats montants et descendants à répétition. Le temps est toujours au beau fixe, le soleil tape même par instants, il faut absolument la casquette et les lunettes de soleil force 4. Nous sommes équipés pour ça, et à Namche nous avons fini de compléter l’équipement. Le sentier est parfaitement balisé et comme d’habitude, le paysage est improbable.

On commence à apercevoir les premiers très hauts sommets et notamment l’Ama Dablam ( 6812m)  et le Lhotse (8516m), le 4ème plus haut sommet du monde, et bien sur l’Everest qu’on commence à apercevoir au loin. C’est d’ailleurs la première vision que nous avons de notre sommet fétiche, on est scotché, plusieurs personnes du groupe ne l’avaient jamais vu, il est envoutant, magnifique, on se sent infiniment minuscule à coté de lui. On comprend pourquoi. depuis des décennies, des générations entières d’alpinistes ont cherché à l’escalader et atteindre son sommet. On commence à le mitrailler, la lumière n’est pas encore parfaite pour l’instant, la brume de beau temps le rend un peu flou. On aura l’occasion de toute façon de le voir de nombreuses autres fois, encore plus beau, encore plus majestueux.

On commence à apercevoir Tengboche au loin, notre destination finale du jour, perché sur la montagne à près de 4000m. Le problème est qu’il va falloir descendre jusqu’à la rivière qui est dans la vallée avant la remontée infernale, annoncée comme une des parties les plus dures du trek. A mi-parcours, on s’arrête pour manger un morceau, on se prépare, on échange les sacs, les plus costauds prennent les sacs des plus fatigués, on soulage certains sacs des gourdes qui apparaissent lourdes à présent. Une gourde, c’est un kilo, le camel-back c’est deux kilos, quand ça devient difficile, ces quelques kilos apparaissent des tonnes. Et c’est parti pour la montée qui tue, 4km, 4 heures de montée, 1 km/heure de moyenne.

On finit par faire deux groupes même si par moments, on se regroupe. On fait des pauses, on boit énormément. L’altitude commence vraiment à se faire ressentir, on se rapproche de 4000m, l’oxygène se raréfie forcément. On croise également ceux qui descendent et qui sont plutôt sur la fin du trek. Pas de pitié, il faut lever les genoux, il y a énormément de très hautes marches. Quand on croise les porteurs qui ont sur le dos des dizaines de kilos, on relativise, on se dit que finalement, on n’est pas si mal loti. Hier, nous avons tout de même appris que certains porteurs portent jusqu’à 90 kgs!!!! C’est totalement incroyable et inhumain.

A 500m de l’arrivée, le groupe est reformé, nous montons tranquillement pour finir d’arriver à Tengboche, le village de Norgay Tensing, le premier Sherpa à atteindre le sommet de l’Everest en compagnie de Edmund Hillary en 1953. Le village est perché, et de l’autre coté nous voyons à nouveau la face sud de l’Everest. Dans le village se trouve également un monastère bouddhiste tibétain. Nous finirons la journée un peu plus tard aux alentours de 4000 m, toujours cette fameuse acclimatation.

 

23 km aujourd’hui, presque 30000 pas, 7h30 de marche, encore une bonne journée.

 

Jeudi 9 mai 2019

Anniversaire de mariage: 27 ans

Tengboche (3860)- Dingboche (4410)

4ème journée de trek…Nous allons dépasser 4000m aujourd’hui, c’est un grand jour pour la plupart d’entre nous. Départ 7h30 de Tengboche, destination Dingboche (4410). Pour une fois, la nuit s’est super bien passée, d’une traite, sans se lever. Pour une fois, le départ est plutôt facile, principalement de la descente, on en profite, ça ne durera pas. Le premier village qu’on traverse est Pangboche (3900), on se rapproche des 4000, un peu plus loin, nous sommes à Shomare (4010), ça y est , nous avons passé une première barrière symbolique. Et toujours la vue sur l’Ama Dablam que l’on reconnait entre mille, tout au long de notre parcours.

Même si le dénivelé sera d’environ 500m aujourd’hui, il semble que les montées sont moins difficiles, plus longues mais moins raides. On retrouve nos habituels marcheurs avec qui on commence à sympathiser, indiens, anglais, américains et d’autres qu’on ne connait pas spécialement mais qu’on finit par reconnaître au fil des virages. Tout le monde a le même objectif, tout le monde se dirige vers le même endroit, il est donc logique de rencontrer les mêmes trekkeurs. Les premières fatigues commencent à se faire sentir, le souffle, les jambes, nous sommes au 4ème jour et forcement ça commence un peu à coincer. On tient le coup, on baisse le rythme quand c’est nécessaire, on s’adapte à l’altitude, on boit beaucoup d’eau ou du thé conservé dans les Thermos.

 

Vers 11h et quelques, même s’il est encore tôt, on décide de s’arrêter. Parfois, on n’a pas le choix des pauses, il n’y a pas des villages et des restaurants partout, et de toute façon, on avait déjà pas mal avancé. Le resto est tout petit, au milieu de nulle part, nous sommes à Shomare, à environ 2/3 du parcours. Petit endroit sympa tenu par un couple tout jeune et son bébé, comme d’hab, très bon et très simple. Une de nos compagnes de trek commence à avoir les premiers symptômes du Mal aigu des montagnes (le MAM). Yam décide de récupérer un des porteurs pour la ramener à Lukla, à l’ hôpital. En fait, il n’ y a pas vraiment de traitement pour ça, il faut surtout descendre et le mal disparait. Nous ne sommes donc plus que 7. Le moral de l’équipe est malgré tout au beau fixe. Il ne reste plus que 1h30 pour arriver à Dingboche. Nous arrivons désormais à un carrefour, d’un coté, plein nord, nous partons vers l’Everest, de l’autre coté, plein est on se dirige vers l’Island Peak (6129) mais ça, ça sera surement pour une autre fois. Un des membres qui est déjà venu ici il y a 35 ans nous raconte que cela a énormément changé, il ne reconnait plus l’endroit. Nous nous installons tranquillement mais auparavant nous partons acheter quelques gâteaux pour fêter notre 27ème anniversaire de mariage.

Le lodge, comme d’habitude est rempli de népalais, américains, et quelques japonais qui ont l’air d’être arrivés ici en hélicoptère. Il est encore tôt dans l’après-midi, on en profite pour boire un bon chocolat chaud. La température extérieure n’est pas trop basse malgré l’altitude élevée. On en profite pour faire le point, le bilan au bout de 4 jours de marche, prendre connaissance de l’état de santé de chacun, soigner les petits bobos, et continuer à s’adapter à l’altitude. Dans l’ensemble, ça se passe plutôt bien, à part quelques petits maux de tête, inévitables. Certains membres du groupe sont partis faire un tour du village. Les Sherpas de tous les groupes sont là aussi, réunis et discutent de leur journée. L’ambiance est sympa, c’est aussi ce qu’on aime dans les lodges le soir en arrivant. On joue aux cartes, on boit un thé, un café, on consulte la carte pour le lendemain, on discute, on rigole, on adore ça.

On va rester deux nuits à Dingboche, on aura le temps le lendemain également pour quelques taches ménagères , un peu de rangement. Dans un trek comme celui-ci, on emporte le minimum et de temps en temps, il faut faire un peu de lessive.

Demain la journée sera plus cool mais nous irons tout de même faire une randonnée dans les environs, histoire de prendre de l’altitude, mais vous connaissez le terme à présent, cela s’appelle l’acclimatation. A Namche Bazaar, nous n’avions pas eu le temps de la faire compte tenu de l’annulation de notre vol la veille. Nous sommes beaucoup plus haut à présent et cela devient plus important encore.

Lakhpa, notre Sherpa, chargé tous les matins, midis et soirs de prendre les commandes pour les repas est fidèle au poste. Chacun a trouvé à peu près son menu à présent. Entre les pâtes, le riz, les différentes soupes, tout le monde semble avoir trouvé son compte et ne change pas bien d’un jour à l’autre. Plus tard, encore une petite partie de belote ou de coinche pour finir la journée et tout le monde part se blottir dans son duvet bien chaud. Je rappelle juste que les lodges, même s’ils sont relativement confortables, il y a un lit (c’est déjà ça!!), ne sont pas chauffés.

Journée relativement cool , 13,5 km, 19000 pas

A demain pour la journée d’acclimatation.

 

Vendredi 10 mai 2019

Journée d’acclimatation à Dingboche

5ème journée de trek…Afin de préparer l’ascension de demain vers Lobuche qui culmine à 4900 m, nous allons trekker plein est en direction de Chhukhung (4730m) et la route de l’Island Peak qui est un sommet qui culmine à 6189 m.

Un jour, j’espère, nous espérons atteindre l’Imja Tse (son nom népalais), mais ceci sera une autre histoire qui j’espère apparaitra sur ce blog. Nous sommes à 5 km environ et 2h de marche du petit village de Chhukhung, point de passage vers l’est himalayen. On sort du village en ayant en point de mire le fameux Peak tout triangulaire.

Sur notre droite, tout au long du trajet, se trouve l’Ama Dablam (6900), majestueux, superbe et incroyablement reconnaissable avec sa forme toute pointue. Ce n’est pas forcément la plus belle face que l’on aperçoit, moins enneigée, mais elle est tout de même très spectaculaire. Le but de la journée est de monter à nouveau en altitude, on commence tout de même à se rapprocher des 5000, peu d’entre nous sont déjà allés si haut. Nous croisons peu de monde aujourd’hui, un australien, un chinois, quelques porteurs népalais comme d’habitude. La route n’est pas classique, ça n’est pas celle qui va vers Lobuche et le camp de base de l’Everest. C’est davantage celle qui va vers le camp de base de l’Island Peak qui est une ascension plus technique, moins classique que celle que nous empruntons. Quelques difficultés commencent à se faire sentir. Même les plus jeunes du groupe commencent à avoir mal à la tête. Le petit village que nous atteignons est perdu au milieu de nulle part, il y a tout de même un restaurant. Yam, après le repas ne nous laisse pas nous reposer. Nous repartons immédiatement. Le temps du repas est censé être suffisant pour s’habituer à l’altitude.

La descente vers Dingboche s’est avérée plus difficile que prévue. Pascale s’est tordue la cheville, et avec JC se sont un peu perdus sur le retour. Au bout de 5, 6 jours de trek, il serait naturel qu’un peu de tension s’installe au sein du groupe, la fatigue, la douleur, le froid, l’altitude, la promiscuité mais la Team Everest 2019 est plus forte que tout ça, le groupe est soudé. Nous sommes à présent tous de retour, nous avons tous besoin de repos et de détente. Yam a des soucis avec le rapatriement de Geneviève à Katmandou en hélicoptère, qui a l’air de se confirmer. Probablement davantage un problème de colique néphrétique que l’altitude.

On en termine encore avec quelques taches ménagères, on range correctement nos sacs, demain, nous allons passer les 5000 et nous approchons du camp de base. C’est l’occasion de bien se préparer pour les deux dernières journées de montée, avant la redescente vers Lukla.

12 km aujourd’hui et 4h30 de marche.

 

Samedi 11 mai 2019

Dingboche (4410)-Lobuche (4910)

6ème jour de trek…On se rapproche un peu plus chaque jour du camp de base, les conditions deviennent de plus en plus difficiles, et encore, la météo est toujours clémente. L’altitude, le froid, la fatigue accumulée commence tout doucement à nous éprouver. Le paysage commence à changer, la végétation disparait petit à petit. Cela commence à ressembler à la steppe  mongole, aussi désert mais plus accidenté bien sûr.

DCIM103GOPROGOPR6150.JPG

Départ toujours vers 7h30, on croise beaucoup de mules, de yaks qui descendent de la montagne et traversent les ponts suspendus. Les difficultés viendront plus tard, pour l’instant, c’est encore relativement facile. Vers 11h, nous arrivons à Thokla (4620), on vient de traverser une rivière et des rochers énormes. Le groupe tombe d’accord pour s’arrêter et manger un morceau. Il nous reste encore 300 mètres de dénivelé à accomplir aujourd’hui et 3 heures de marche, il vaut mieux prendre quelques forces. On repart rapidement et d’emblée, la côte est raide. On aperçoit au loin, le chapelet en zigzag des trekkeurs.

DCIM103GOPROGOPR6085.JPG

Nous faisons beaucoup de pauses, la montée est interminable, des virages, encore des virages, des cailloux, encore des cailloux. On double des marcheurs qui nous redoublent un peu plus tard quand on s’arrête pour s’abreuver et manger quelques barres céréalières. Les pas sont courts et lents mais ça avance tout de même. Les sommets avoisinants sont de plus en pus impressionnants et ils nous dominent de toute leur puissance. Depuis aujourd’hui, le vent se fait plus fort et abaisse la température. Les plus de 7000 et 8000 culminent à présent autour de nous.

IMG_0271

Ca pourrait presque devenir banal mais ça ne l’est pas, ça ne le sera jamais. On ne peut pas être blasé par autant d’immensité, de beauté. On s’habille de plus en plus, on a à présent sorti le coupe-vent, au dessus de la doudoune et de la polaire. Et bien sûr, les gants et le bonnet. On arrive à un col situé comme par hasard à 4807 m, la hauteur du Mont-Blanc, et à partir de là, ça se calme un peu au niveau de la pente, il ne nous reste plus que 100 m de dénivelé pour finir d’arriver. Pas de raison qu’on n’y arrive pas. On croise pas mal de yaks, il faut surtout se mettre sur le coté et pas du coté du ravin.

On commence à voir les premiers toits de Lobuche, quelques maisons, quelques lodges perdus au milieu des immenses montagnes.

IMG_0240

Finalement, quand on réfléchit un peu, le but ultime du trek, à savoir le camp de base, n’est pas le plus important. Les paysages, et tout ce que l’on vit depuis une semaine est bien plus interessant. Nous avons traversé d’innombrables décors irréels, nous avons affronté nos souffrances, vécu une expérience de groupe formidable qui est encore loin d’être finie et c’est cela, finalement le plus important.

DCIM103GOPROGOPR6106.JPG

Devant nous se trouve le Nuptse (7861m), un satellite de l’Everest, qui signifie « sommet de l’ouest » en tibétain. On y arrive, on s’installe, les chambres sont glaciales, on est à 4910 m. Yam nous avait prévenu, plus on montera, et plus il fera froid dans les lodges. Les « vitres » en plexiglas ne sont pas idéales pour garantir une bonne isolation!! Jamais notre duvet à -26 n’aura été aussi utile.

IMG_0218

La journée (de marche) n’est pas encore terminée, toujours et encore un peu d’acclimatation pour terminer la journée, et pour préparer la journée du lendemain. On monte avec Lakhpa, notre Sherpa sur une petite colline avoisinante, à presque 5000, mais pas complètement , on réserve ça pour demain. La vue est magnifique, on commence à voir Gorak Shep, ou nous serons demain soir, ainsi qu’un petit bout du camp de base, avec ses tentes jaune et orange. Sous le Pumori (7161) juste à coté de Lobuche se trouve le Kala Pathar (5630) que nous allons gravir dans deux jours. On reste un bon petit moment à admirer la vue, tant c’est beau, reposant, apaisant. Et on se sent très humble…dans deux jours nous y serons tout là haut. Tout de même, il ne fait pas très chaud, il nous faut redescendre pour se reposer un peu. Les moments de relâchement et de détente sont de plus en plus calculés au fur et à mesure que l’on grimpe. Tout ce qui parait insignifiant dans la plaine devient démesuré au fur et à mesure que l’altitude augmente. Chaque kilo supplémentaire sur le dos, chaque minute d’effort en plus ou de repos en moins se paye comptant et on calcule tout ça.

Le lodge de Lobuche est bien rempli ce soir, l’ambiance est toujours aussi sympa, les anglo-saxons, les japonais mangent plus tôt que nous, parfois avant 18h. Nous aimons nous rassembler le soir, discuter de la journée, faire le point, parler du lendemain. Yam nous explique un peu ce que nous allons vivre demain, jour de l’Everest Base Camp, qui est à présent à portée de marche. on a fait le plus dur.

Le repas est comme d’habitude, Chowmein, Sherpa soup, mixed fried rice. Tout ce qu’il faut pour prendre des forces pour le lendemain, où pour la première fois, la majorité d’entre nous va dépasser 5000m. On est dans l’Himalaya, ici, cela peut paraitre banal mais ça ne l’est pas. Fort heureusement, personne dans le groupe, à ce jour, n’a l’air de souffrir du mal des montagnes, tout le monde résiste bien et c’est génial.  Quelques petites bronchites ne vont certainement pas entamer notre determination.

A demain, au dessus de 5000

14km aujourd’hui et 20000 pas

 

Dimanche 12 mai 2019

Lobuche (4910)-GorakShep (5140)

7ème journée de trek…Grande journée aujourd’hui, , le « but » de notre trek arrive enfin, le fameux EBC comme on dit ici, nous on dit le camp de base de l’Everest. On a déjà vécu une semaine formidable, le dernier jour d’ascension ne pourra pas être beaucoup mieux de toute façon. Départ comme d’habitude à 7h30 de notre lodge, nous nous dirigeons vers Gorak Shep (5140) qui sert de base pour aller visiter l’EBC ainsi que l’ascension vers le sommet du Kala Pathar. Nous sommes à présent dans notre dernière phase de montée, à partir de demain, nous allons redescendre pour rejoindre Lukla puis Katmandou. Il fait toujours aussi beau, nous aurons vraiment eu beaucoup de chance au cours de ce trek. Nous sommes à présent impatients d’arriver à Gorak Shep, pour plusieurs raisons. La première est bien entendu le passage des 5000 que la plupart d’entre nous vont franchir pour la première fois. C’est bien entendu une altitude symbolique pour nous, européens. La montée finale vers Gorak Shep n’est pas trop difficile, tout le monde y arrive bien, l’ambiance est bonne, les quelques petits des soucis des jours précédents (bronchite, entorse de cheville , petits maux de tête) s’estompent progressivement, heureusement.

IMG_0288

Le lodge est déjà bien rempli, nous ne sommes pas les seuls bien sûr à vouloir accéder au camp de base et au Kala Pathar. On s’installe dans des chambres qui sont encore plus glaciales que d’habitude et qui ressemblent de plus en plus à des placards ..nous n’y reviendrons que pour se réfugier dans nos duvets bien chauds, tout habillé, de pied en cap!!

Le camp de base

IMG_2931

Yam ne nous laisse pas trop trainer pour partir au camp de base, celui ci est situé à 3 km et 200m plus haut. Quelques nuages commencent à arriver et il menace même de neiger pour la première fois depuis notre départ. Au dessus de 5000, nous prenons conscience d’être dans un autre monde. Les sommets avoisinants, et notamment le magnifique Nuptse (7861) sont cachés à présent, dommage . L’Everest ne se verra qu’un peu plus tard et juste le bout de son sommet, qui lui aussi joue avec les nuages.

IMG_0296

Ca monte insidieusement, le sentier n’est pas large et pas facile et le temps se dégrade, on est habillé au max, les 4 couches sont présentes, les moufles et le bonnet en laine aussi. On croise un peu tous les trekkeurs rencontrés au cours des jours précédents, on se salue, on discute, on parle de nos expériences, tout le monde est ravi d’être arrivé là. Le Graal se rapproche mais donne l’impression d’être toujours aussi éloigné. On aperçoit de mieux en mieux les tentes jaunes des permanents qui sont en partance pour l’ascension du sommet. L’ECB est situé à coté d’un énorme glacier qui comme tous les glaciers du monde s’est considérablement réduit. On aperçoit la trace de ce qu’il a été il y a encore quelques années, ça n’est pas rassurant. Une petite descente pour finir d’arriver au camp de base et nous y sommes.

IMG_0294

Pas de panneau officiel, seules quelques inscriptions à la peinture blanche sur quelques rochers et une multitude de drapeaux de prières pour situer le lieu, histoire de se faire prendre en photo et marquer l’événement. On est à peine une cinquantaine de personnes sur le lieu, en fait les trekkeurs ne restent pas longtemps. Le lieu est symbolique certes, mais pas exceptionnel, inutile de s’attarder.

IMG_0312

On y est arrivés, point barre, à présent, on peut revenir à Gorak Shep. On prend quelques photos de touristes et nous voilà repartis en sens inverse surtout que le temps est en train de se gâter. Le camp de base, en fait est surtout interessant pour ceux qui veulent aller plus haut et rejoindre les camps I, II, III et IV, puis le sommet. Nous apprendrons malheureusement dans la journée qu’un alpiniste indien est décédé (pour une raison inconnue) en redescendant du sommet… qu’il avait atteint. L’Everest reste mortel…

IMG_2921

Il est relativement tard quand nous nous rapprochons de GorakShep et il neigeote toujours, mais rien de méchant. Il nous aura fallu une heure trente pour revenir à notre lodge, fourbus mais contents. On s’installe dans le salon/salle à manger qui est le seul endroit chauffé (par un poêle chauffé à la bouse de yak) du bâtiment. On se réchauffe doucement avant le repas tant attendu qui clos une journée bien remplie.

Demain nous attend l’ascension du Kala Pathar, point culminant de notre expédition, 5630 m…

A demain

 

Lundi 13 mai 2019

Ascencion du Kala Pathar (KP) et retour vers Lukla

Nuit à Pangoche

8ème journée de trek...Journée spéciale aujourd’hui , nous allons atteindre le sommet de notre expédition, le Kala Pathar et ses 5630 m, ce sera le record d’altitude pour tout le monde. Au départ, il était prévu de se lever vers 3h30, partir à 4h00, afin de voir le lever du soleil sur l’Everest, au sommet du KP. Finalement, nous décidons de prendre le petit-déjeuner avec toute l’équipe et ne monter qu’après. Les trekkeurs que l’on voit arriver au p’tit dej nous confirment que nous avons eu raison. Le temps était couvert et la vison de l’Everest nulle. 4 d’entre nous décident donc de partir à l’ascension du fameux KP. Les 3 autres partent avec Yam pour rejoindre en avance notre destination finale du jour, Pangboche (3600m). Nous allons donc descendre pas mal et parcourir beaucoup de distance, environ 26 km pour ceux qui sont montés au KP et 20 pour les autres.

Nous partons avec Lakhpa, notre Sherpa « cabri » de 19 ans, d’une efficacité redoutable dans la montagne et dès qu’il s’agit de grimper. 7H30, c’est parti, les premières pentes sont incroyablement raides, nous utilisons les bâtons que nous avions un peu délaissés ces derniers jours. Ce qui nous attend un peu plus tard sera encore pire, jamais la pente n’avait encore été aussi raide. Les pas sont lourds et extrêmement lents. La vue par contre (et heureusement) est magnifique, l’Everest devenant de plus en plus imposant au fur et à mesure de la montée. Nous avons de nouveau de la chance avec la météo qui, contrairement à nos confrères trekkeurs qui étaient partis dans la nuit, est particulièrement clémente.

IMG_0327

Les nuages se montrent parfois discrètement mais dans l’ensemble, la vue de l’Everest est magnifique, on a de la chance. De là ou nous sommes, nous voyons la face sud de l’Everest qui se trouve derrière le Nuptse qui culmine tout de même à 7900 m. de l’autre coté se trouve le Tibet. Pour le voir entièrement, il faudrait donc se trouver au Tibet ce qui à l’heure actuelle est un peu compliqué, diplomatiquement parlant. Nous sommes à présent à 5300m, aux 3/4 de l’ascension. La pente est toujours aussi raide et l’Everest dans un ciel Blu parfait de plus en plus majestueux . Bientôt 5400 puis 5500 mètres, jamais nous n’étions montés aussi haut sur terre. Nous ne sommes toujours pas arrivés, les derniers 130 m de dénivelé sont interminables. On le voit ce sommet mais il parait toujours aussi lointain, inaccessible, c’en est presque décourageant d’autant que la fin de l’ascension n’est faite que de pierres qu’il faut pratiquement escalader. 5600m, on y est presque, plus que 30 m, les plus durs.

Comme souvent au Népal, dans des lieux importants, on retrouve des drapeaux de prière boudhistes, accrochés à un poteau planté au sommet. Nous sommes à 5630, nous n’irons pas plus haut pour cette fois. Il aura fallu tout de même 8 jours depuis Lukla et une centaine de km de trek pour arriver au plus haut de notre expédition.

DCIM104GOPROGOPR6193.JPG

Nous restons un petit moment , tous ensemble, avec Lakhpa, à admirer le paysage incroyable qui se découvre devant nous, Le Pumori derrière, le Nuptse et bien sur l’Everest qui est à son maximum..On prend bien sur quelques photos, quelques selfies pour immortaliser l’événement. Finalement, nous ne restons qu’un 1/4 d’heure, la journée est encore longue, il nous faut rejoindre Tengboche à plus de 20 km de là et rejoindre le groupe parti avant nous. Nous comprenons rapidement par contre que Yam a donné pour consignes à Lakhpa de mener bon train afin de rejoindre nos 3 compagnons de voyage avant l’arrivée finale. apparemment, nous avons rendez-vous dans un restaurant quelque part sur la route.

IMG_2949

Nous avons tout de même plus de 2h30 de retard sur eux. On ne fait pratiquement aucune pause, le train est très rapide, certains ont pris les bâtons, nous sommes à présent sur la descente. On reprend la même route qu’il y a deux jours mais dans l’autre sens. Dans un premier temps, nous nous dirigeons vers Thoukla ou nous nous étions déjà arrêtés pour manger à l’aller. Il commence à neiger, le temps se gâte vraiment. Le temps du repas que l’on prend à Toukhla, la neige s’arrête et nous repartons en direction en direction de Pangboche, on passera dabord par Pheriche, qui est une route différente de celle de l’aller, puis Shomare, on est largement descendus, nous repassons bientôt sous les 4000.

IMG_2954

A Pheriche, nous rejoignons l’équipe, chaudement installée dans un petit resto bien sympa au bord de la route. On en profite pour se désaltérer chaudement, se reposer un petit instant et repartir avec l’équipe au complet, et les vêtements un peu séchés au bord du poêle . Nous avons encore 7 km à parcourir , ici, ça fait…3 heures de marche!!! On traverse un peu plus loin Shomare ou on avait été obligé de laisser Geneviève à l’aller victime, on pensait à ce moment là, du mal aigu des montagnes. Encore quelques km, et nous atteignons Pangboche. Toujours un petit lodge sympa, au confort rudimentaire mais à l’ambiance très sympa. On est plus bas, la température est moins fraiche dans les chambres. On va peut être pouvoir reprendre une véritable douche. Jusqu’à présent, soit il n’avait pas d’eau, soit l’eau n’était pas chauffée. Alors souvent, le soir, on se précipite dans le duvet et le lendemain matin, on ne traine pas pour se mettre en tenue de trekkeur. Et la toilette, c’est plus souvent une lingette. Aujourd’hui, ,nous avons droit à de l’eau chaude dans une bassine, c’est déjà pas mal. Pas trop évident pour se laver les cheveux mais on y arrive quand même. On est pratiquement seuls dans le lodge, c’est l’avant-dernière soirée, on se lâche un peu. Les porteurs sont avec nous et passent la soirée en notre compagnie. Les jeunes jouent aux cartes avec eux. Yam en profite pour régler quelques contingences matérielles avec Lakhpa. On en profite aussi pour faire sécher quelques vêtements et boire quelques bières. Demain est l’avant-dernier jour du trek, nous avons encore une étape avant de revenir à Lukla, certainement aux alentours de Monjo, comme à l’aller. C’est plutôt sur la descente mais il reste encore quelques raidillons sympas. La fatigue se fait forcément ressentir, il ya déjà 130 km au compteur, presque 200000pas et l’équivalent de 1200 étages grimpés. Demain, nous allons repasser par Namche, la capitale des Sherpas.

IMG_0335

Suite au prochain épisode.

 

Mardi 14 mai 2019

Pangboche-Jorsalle

9ème journée de trek…Dure journée en prévision, Yam nous prévoit environ 23 à 24 km. Il faut à présent repasser par des villages parmi lesquels nous sommes déjà passés. Notre destination finale pourrait être Monjo, lieu de sortie du parc Sagarmatha, là ou nous avons obtenu notre permis de trek. Pas certain qu’on y arrive, la route va être difficile, beaucoup de montées et de descentes infernales. Première destination, Tengboche, on y était arrivé par l’autre coté, il va falloir redescendre les 4 km qu’on avait eu tant de mal à monter. La première partie est valonnée, la vitesse moyenne ne doit pas dépasser le 1 à 1,5 km/h, c’est dire. Beaucoup de marches en pierres ralentissent à nouveau la progression. On retrouve le monastère de Tengboche ou l’on fait une petite pause appréciée de tous.On imagine la future descente, 4,3 km de virages en épingles à cheveux, super raides, des cailloux, des marches, des trekkeurs, des porteurs, des mules, des yaks. Chacun son rythme, son allure, les descentes sont parfois aussi difficiles que les montées. Cette descente dure facilement 2H30 avant de se retrouver au restaurant ou l’on avait déjà mangé quelques jours auparavant. Suit ensuite la montée tout aussi difficile vers Namche Bazaar où on est ravi de revenir. On s’y arrête un moment, certains en profitent pour faire encore quelques emplettes, d’autres boivent un coup. L’atmosphère de Namche est aujourd’hui très branchée, comparée à celle d’il y a 35 ans. Les bars sont modernes, les boutiques aussi. Monjo est encore trop loin, nous allons nous arrêter avant. Au bout de 23 km, nous nous arrêtons à Jorsalle, 2 km avant Monjo. 2 trekkeuses anglaises se trouvent dans le lodge en même temps que nous, accompagnées de leur guide-porteur. On adore les petits lodges avec peu de monde, on est choyés, bichonnés, ça n’est pas désagréable. Comme souvent à présent, on en profite pour se réchauffer et sécher les vêtements au coin du feu. Question météo, la météo a été moins clémente au retour qu’à l’aller, mais c’était mieux ainsi. On reprend comme à notre habitude du Dal Bat et du chowmein pour le repas du soir, on reste sur des fondamentaux. Dernier jour du trek demain, il reste encore des efforts à faire pour rejoindre Lukla d’où nous repartirons pour Katmandou, via Ramechhap.

 

Mercredi 15 mai 2019

Jorsalle-Lukla

Dernière journée de trek, nous rejoignons aujourd’hui notre aéroport de départ, Lukla. Nous finissons tranquillement cette journée, peu de dénivelés sont au programme et seulement 17km sont au programme. On est à la fois soulagés et presque tristes de terminer le trek. Comme on a le temps, on fait pas mal de pauses en cours de route. On a le temps de toute façon, l’objectif étant d’arriver tranquillement à Lukla et y passer une petite après midi tranquille. Notre avion pour Ramechhap n’étant de toute façon que le lendemain à 7h30.

L’arrivée à Lukla est belle, symbolique, la boucle est bouclée, on se tape dans les mains, on est heureux d’y être arrivés. Presque tout le monde..nous sommes 7 à franchir le seuil du check-out, signe de la fin de notre trek, 170km en tout et 250000 pas, des paysages incroyables, le camp de base atteint, le Kala Pathar aussi. Nous avons vu parmi les plus hauts sommets du monde, l’Everest bien sûr, le Nuptse, le Kongde, l’Ama Dablam et beaucoup de plus de 7000 et 8000. Nous sommes contents d’être arrivés au bout, et pour certains, prêt à en découdre et à recommencer encore plus haut, encore plus loin.

On passe une superbe soirée avec Yam, Lakhpa, les porteurs et toute l’équipe pour fêter ça, on a même eu droit à un petit gâteau, genre gâteau d’anniversaire, sympa.
Le trek n’est pas encore totalement fini, il nous faut encore revenir à Katmandou, par la voie des airs. Cela signifie que la météo doit être bonne demain matin pour reprendre l’avion pour Ramechhap.. Les informations météo semblent être optimistes mais tant qu’on ne sera pas dans l’avion, nous ne serons pas totalement rassurés, l’expérience du vol aller nous incite désormais à la prudence…croisons les doigts pour demain matin.

 

 

MON FUTUR PROJET: AUTOMNE 2020

 

  1 comment for “Le trek du camp de base…par la Team Everest 2019

  1. Crouzeix
    2 juin 2019 at 14 02 42 06426

    je ne vous dirais que ceci ; félicitations à vous et merci encore de nous faire profiter de votre aventure et quelle aventure ! un régal votre blog.

Laisser un commentaire